Numerique
Vos équipes utilisent déjà l'IA : une formation IA en entreprise assurée par un avocat leur donne le cadre sur les données, la confidentialité, la propriété intellectuelle et la supervision.
Contexte
Depuis le 27 juillet 2026, l'article 4 du règlement (UE) 2024/1689 est réécrit par le règlement (UE) 2026/1744. Fournisseurs et déployeurs de systèmes d'IA prennent des mesures pour « favoriser le développement de la maîtrise de l'IA » de leur personnel et des personnes qui utilisent ces systèmes pour leur compte. Ils n'ont pas à garantir un niveau précis pour chaque individu. Le texte ne fixe aucun volume d'heures, et la FAQ de la Commission indique qu'aucun certificat n'est exigé. Ce que l'omnibus a changé dans l'AI Act mérite d'être lu avant d'acheter une formation présentée comme obligatoire et certifiante.
Une entreprise qui utilise l'IA sans la développer reste déployeur, donc visée. Les mesures doivent tenir compte des connaissances des personnes, du contexte d'utilisation et des publics concernés. Une session unique pour tous répond mal à cette exigence : un recruteur et un développeur n'ont pas les mêmes risques. Le considérant 8 du règlement parle d'une priorité stratégique, indépendamment des obligations et des sanctions.
D'autres textes jouent déjà. L'article L. 6321-1 du Code du travail impose d'adapter les salariés à leur poste et de maintenir leur capacité à occuper un emploi face à l'évolution des technologies. La CNIL recommande de familiariser les utilisateurs avec les limites des outils. Pour les systèmes à haut risque de l'annexe III, l'article 26 de l'AI Act imposera, à compter du 2 décembre 2027, de confier le contrôle humain à des personnes compétentes, formées et dotées de l'autorité nécessaire.
Problematique
Le premier risque n'est pas l'article 4. L'article 99 de l'AI Act ne lui attache pas d'amende chiffrée et renvoie aux États membres. Aucun barème français propre à cet article n'a été identifié à ce jour, et le projet de loi destiné à désigner les autorités nationales restait en discussion au dernier état vérifié. La Commission annonce une supervision depuis août 2026 et des sanctions proportionnées.
Prenons une PME de 80 salariés. Un commercial colle sa liste de clients dans un outil grand public, un développeur y soumet du code couvert par une clause de confidentialité. Pour la CNIL, c'est en général l'organisme utilisateur qui répond de la mauvaise utilisation par son personnel. Le RGPD prévoit jusqu'à 20 M€ ou 4 % du chiffre d'affaires mondial pour la violation de ses principes. Quant au secret des affaires, il suppose des mesures de protection raisonnables (article L. 151-1 du Code de commerce).
Le risque le plus immédiat est social. Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, l'article L. 2312-8 du Code du travail prévoit la consultation du CSE sur l'introduction de nouvelles technologies. La cour d'appel de Paris a confirmé le 21 mai 2026 (RG 25/13232 et 25/13234) la suspension d'outils d'IA générative, en retenant ensemble l'accès à ChatGPT encadré par une charte et un outil interne, sous astreinte de 1 000 € par jour pendant trois mois et avec 5 000 € de provision au CSE. Selon les commentaires publiés, le TJ de Nanterre a suspendu en référé dès le 14 février 2025 (n° 24/01457) un pilote déjà utilisé. La jurisprudence reste nuancée : en procédure accélérée au fond, le TJ de Paris a annulé le 10 février 2026 (n° 25/57412) l'expertise votée pour un test de Copilot de quatre mois sur la base du volontariat, sans trancher l'obligation de consulter.
Solutions
Je n'apprends pas à vos équipes à mieux rédiger leurs prompts. Je leur apprends ce qu'elles peuvent faire avec l'IA, avec quelles données et sous quel contrôle. Avocat et développeur web certifié, je lis à la fois le fonctionnement de l'outil et son contrat : conservation des données, réutilisation pour l'entraînement, API, comptes personnels. Je ne vends aucun outil, ce qui me laisse libre de vous dire qu'un usage est à revoir.
Je construis la formation sur mesure, en intra-entreprise, à partir de vos outils et de vos métiers. Elle couvre les usages autorisés et interdits, les données personnelles, la confidentialité, la titularité du code et des contenus générés, la vérification des résultats et la supervision humaine. Managers et RH y voient aussi le rôle du CSE. Pour la direction, j'ajoute la qualification de vos usages, les responsabilités et les arbitrages à rendre.
Vous repartez avec des supports adaptés, des scénarios tirés de vos usages réels et les éléments pour documenter vos actions. La formation applique votre cadre interne sans le remplacer : pour sa rédaction, voir mon article sur la charte IA interne et le shadow AI. Quand le sujet dépasse la formation, je prends le relais sur la conformité de vos projets d'IA ou votre mise en conformité RGPD. J'interviens notamment auprès des éditeurs de logiciels et SaaS, souvent à la fois fournisseurs et déployeurs d'IA.
Décrivez-moi vos outils et vos équipes : demandez une proposition de formation.
Je recense avec vous les outils utilisés, ceux tolérés sans validation et les données qui y circulent. Je relis leurs conditions contractuelles et je vérifie votre rôle, fournisseur ou déployeur. Cette étape évite une formation théorique : elle produit la liste des usages à traiter et révèle ce que vos équipes font déjà, parfois sur des comptes personnels.
Je classe vos équipes selon leur exposition : direction, RH, commerciaux, développeurs, juridique. Chaque public reçoit ses cas de risque propres. J'examine aussi le calendrier du CSE lorsqu'un déploiement est en cours. Vous obtenez un programme ciblé, dans la logique de l'article 4 : adapter l'effort aux personnes, à leurs connaissances et aux contextes d'usage.
J'anime les sessions en intra-entreprise à partir de vos outils et de scénarios types : données clients, code, document confidentiel, résultat faux. Les participants repartent avec des réflexes simples et applicables dès le lendemain : ce qu'ils peuvent saisir, ce qu'ils doivent vérifier, et à qui remonter un doute.
Je vous aide à conserver la trace des actions : participants, dates, contenus, versions des supports. Cette documentation répond à une question simple en cas de contrôle, de litige ou d'audit client : qu'avez-vous concrètement mis en place ? Je signale ensuite les évolutions qui imposent une mise à jour, nouveau texte, nouvel outil ou nouvel usage.
FAQ
Il faut distinguer. L'article 4 oblige fournisseurs et déployeurs à prendre des mesures pour favoriser la maîtrise de l'IA, sans garantir un niveau individuel. Il n'impose ni formation d'un format donné, ni volume d'heures, et la Commission indique qu'aucun certificat n'est exigé. Une formation reste la mesure la plus simple à démontrer, sans être la seule : documentation, accompagnement et référents peuvent y contribuer. Méfiez-vous donc de l'argument « formation obligatoire et certifiante ». Le texte demande un effort réel, adapté aux personnes et aux usages. Il ne vise pas l'achat d'un titre.
Oui, si l'outil sert à des fins professionnelles sous l'autorité de l'entreprise. L'entreprise qui utilise un système d'IA sous sa propre autorité est déployeur au sens de l'AI Act, même sans rien développer. L'effort attendu au titre de l'article 4 varie selon les usages : une PME dont les équipes rédigent des courriels avec un assistant n'a pas les mêmes besoins qu'un service RH qui trie des candidatures. Le premier travail consiste à savoir qui utilise quoi. C'est parfois la vraie surprise : des usages se font sur des comptes personnels, sans validation ni trace, donc sans cadre pour l'entreprise.
L'article 99 de l'AI Act ne fixe pas de montant propre à l'article 4 et laisse le sujet aux États membres ; aucun chiffre français n'est donc avancé ici. Le risque vient surtout par ricochet. Une fuite de données personnelles relève du RGPD et de la CNIL. La divulgation d'un secret client peut engager votre responsabilité contractuelle. Un résultat faux repris sans contrôle peut engager l'entreprise, qui répond en principe du fait de ses préposés (article 1242 du Code civil). L'absence de formation devient alors un argument contre vous : selon la Commission, une action de contrôle pourrait être plus probable après un incident dû à ce manque.
Souvent, oui, à partir de 50 salariés. L'article L. 2312-8 du Code du travail vise l'introduction de nouvelles technologies et la formation professionnelle. Des juges ont suspendu en référé des outils déployés sans avis, y compris en pilote, et l'entrave au fonctionnement du CSE est punie de 7 500 € d'amende (article L. 2317-1). La réponse dépend toutefois de l'outil, du périmètre et de l'effet sur le travail : un test limité et volontaire a pu échapper à l'expertise. Une formation massive lancée avant l'avis pourrait être lue comme l'indice d'une mise en œuvre engagée, sans qu'une décision identifiée le dise.
Tout part d'un échange sur vos outils, vos équipes et vos priorités. Je relis ensuite les conditions des outils et je construis un programme propre à chaque public, en commençant par les plus exposés : RH, commerciaux, développeurs, direction. Les sessions se tiennent en intra-entreprise et reposent sur vos cas d'usage, pas sur un catalogue. Le format et le périmètre se définissent avec vous, car ils dépendent de votre organisation. Je vous adresse une proposition écrite après cet échange, sur la base du nombre de publics et du travail préparatoire nécessaire.
Aucun format n'est imposé. Selon la FAQ de la Commission, aucun certificat n'est requis et l'organisation peut tenir un registre interne de ses formations et initiatives. Quatre éléments méritent d'être conservés : la liste des participants par date, le support utilisé dans sa version datée, l'inventaire des outils couverts et le motif de chaque mise à jour. Ce dossier sert au-delà de l'AI Act : il répond à une question de la CNIL, à un audit client ou à un questionnaire de sécurité. Il montre un effort adapté aux métiers, ce qui compte davantage qu'une attestation générale.
Les deux répondent à des besoins différents et peuvent se compléter. Un formateur technique apprend à obtenir de meilleurs résultats d'un outil, et il le fait très bien. Mon rôle est de dire ce qui peut être fait, avec quelles données, et qui en répond. Vos équipes y gagnent une réponse sur un cas réel : ce contrat permet-il de saisir ce document ? Vous gardez aussi un interlocuteur capable d'intervenir sur vos contrats fournisseurs, sur le CSE ou en cas d'incident. Si vous avez déjà un prestataire technique, je m'articule avec lui.
Oui. Une charte fixe la règle, la formation la rend applicable. Un texte que personne n'a compris protège mal l'entreprise, et il ne dit pas à un commercial si tel fichier peut être soumis à tel outil. Vérifiez aussi son statut : une note comportant des obligations générales et permanentes en matière de discipline suit le régime du règlement intérieur (article L. 1321-5 du Code du travail). La CNIL recommande de combiner règles internes et sensibilisation. Je pars de votre charte, je signale ses manques et je transforme ses règles en réflexes par métier.
Nous accompagnons les entreprises de la tech et du commerce avec une double compétence juridique et technique, de l'analyse à la mise en œuvre.

Ressources
Un contrat à sécuriser, une mise en conformité à mener, un litige à anticiper ? Le premier rendez-vous sert à comprendre votre besoin et à vous dire clairement comment nous pouvons vous aider.