Numerique
Votre nom est déjà enregistré par un tiers. Avocat en cybersquatting, je récupère le nom de domaine par la voie la plus courte : UDRP, SYRELI, PARL EXPERT ou judiciaire.
Contexte
Le cybersquatting désigne l'enregistrement d'un nom de domaine reprenant la marque, la dénomination sociale ou l'enseigne d'un tiers, pour le revendre, capter son trafic ou lui nuire. Il se décline en typosquatting, une lettre inversée ou dupliquée, en combosquatting, le nom accolé à un terme comme « paiement », « support » ou « login », et en enregistrements opportunistes sur les extensions récentes, dont le nombre a explosé depuis l'ouverture des nouveaux gTLD.
Le nom de domaine s'attribue au premier arrivé et aucun bureau d'enregistrement ne vérifie que le demandeur détient un droit sur le signe. Le rattrapage se fait donc après coup, par des mécanismes conçus pour cela. Pour le .fr, l'article L45-2 du code des postes et des communications électroniques permet la suppression du nom lorsqu'il porte atteinte à des droits de propriété intellectuelle ou de la personnalité, sauf si son titulaire justifie d'un intérêt légitime et agit de bonne foi. L'article L45-6 ouvre à toute personne démontrant un intérêt à agir le droit d'en demander la suppression ou le transfert à l'office d'enregistrement, l'AFNIC devant statuer dans un délai de deux mois.
Le phénomène ne faiblit pas : l'OMPI a traité plus de 6 200 affaires de noms de domaine en 2025, son plus haut niveau depuis la création de la procédure UDRP, les requérants français figurant dans le trio de tête mondial. Cette page traite de la récupération d'un nom déjà pris. Si votre besoin porte sur la sécurisation en amont, le dépôt des extensions et la surveillance, c'est la protection de nom de domaine qu'il faut consulter.
Problematique
La découverte arrive presque toujours au mauvais moment : la veille d'un lancement, pendant une levée, au moment d'ouvrir un marché à l'étranger. Le nom est en vente à cinq chiffres sur une place de marché, ou pire, il redirige vers un concurrent, affiche des publicités, sert de relais à une campagne de hameçonnage visant vos propres clients. Les e-commerçants et les marketplaces sont les premiers exposés, parce que chez eux le trafic détourné se traduit directement en chiffre d'affaires perdu.
Deux erreurs se paient cher. La première consiste à écrire au titulaire depuis une adresse professionnelle pour proposer un rachat : vous venez de démontrer l'intérêt du nom, de fixer un plancher de négociation, et cet échange sera produit contre vous pour contester votre bonne foi. La seconde consiste à attendre. L'action en contrefaçon se prescrit par cinq ans à compter du jour où le titulaire de la marque a connu ou aurait dû connaître le dernier fait lui permettant de l'exercer, selon l'article L716-4-2 du code de la propriété intellectuelle, et un nom exploité pendant des années devient un argument de légitimité pour son détenteur.
L'écart de coût entre les voies est considérable, et il se décide au départ, pas en cours de route. Une procédure SYRELI devant l'AFNIC coûte 250 euros hors taxes, une PARL EXPERT 1 500 euros pour un seul nom, une UDRP devant l'OMPI 1 500 dollars pour un expert unique et jusqu'à cinq noms. Une action judiciaire au fond se compte en dizaines de milliers d'euros et en mois de procédure. Un rachat mal préparé, lui, se négocie sans plafond.
Solutions
Je commence par établir ce sur quoi vous pouvez vous appuyer, parce que cela commande tout le reste. Une marque enregistrée antérieure ouvre la voie la plus large : l'article L713-2 du code de la propriété intellectuelle interdit l'usage dans la vie des affaires d'un signe identique pour des produits identiques, ou similaire s'il crée un risque de confusion, et l'article L713-3 étend cette protection hors du principe de spécialité aux marques de renommée. Sans marque, l'action se construit sur l'article 1240 du code civil, en concurrence déloyale ou en parasitisme, à partir de la dénomination sociale, du nom commercial ou de l'antériorité d'usage.
Je choisis ensuite la voie. Les procédures extrajudiciaires transfèrent le nom vite et à coût connu, mais elles ne réparent rien : ni dommages et intérêts, ni interdiction générale d'usage du signe. La voie judiciaire est plus lente et plus chère, mais elle seule permet d'obtenir une indemnisation, calculée selon l'article L716-4-10 du code de la propriété intellectuelle sur les conséquences économiques négatives, le préjudice moral et les bénéfices du contrefacteur, et de faire cesser en référé une atteinte en cours, y compris à l'égard des intermédiaires techniques, sur le fondement de l'article L716-4-6.
Je conduis la procédure retenue de bout en bout : constitution du dossier de preuve avant tout signalement, rédaction de la plainte, réplique aux arguments du titulaire, suivi du transfert auprès du bureau d'enregistrement. Quand le rachat reste la meilleure option, parce que le détenteur dispose d'un intérêt légitime ou que le dossier de mauvaise foi est trop mince, je négocie sous couvert, avec un mandat et un plafond fixés avant le premier contact, et je sécurise la cession par un contrat qui organise le transfert technique et ferme tout recours ultérieur.
Le nom récupéré, je referme ce qui a permis l'attaque : dépôt ou extension de la marque dans le prolongement de mon activité en propriété intellectuelle, réservation des variantes réellement exposées, régularisation de la titularité au nom de la société. Si un tiers occupe aujourd'hui votre nom, l'analyse des droits et le choix de la voie prennent quelques jours : écrivez-moi avec l'adresse litigieuse et vos titres, je vous dis ce qui est jouable et à quel coût.
Je vérifie ce que vous détenez réellement : marques enregistrées et classes couvertes, dénomination sociale, nom commercial, antériorité d'usage prouvable. J'examine en parallèle le nom litigieux, sa date d'enregistrement, son titulaire déclaré, son bureau d'enregistrement et l'usage qui en est fait. Cette étape tranche une question simple : disposez-vous d'un titre antérieur opposable, ou faut-il construire le dossier sur la confrontation entre nom de domaine et marque ?
Je fige d'abord l'état du site et des données d'enregistrement par constat, parce que ces preuves disparaissent au premier signalement. Je choisis ensuite la voie : UDRP pour les extensions génériques, SYRELI ou PARL EXPERT pour le .fr, action judiciaire dès qu'une indemnisation ou une mesure d'urgence est en jeu. Quand le nom héberge un site frauduleux, l'article L521-3-1 du code de la consommation permet à l'administration d'en ordonner le blocage sous quarante-huit heures, puis le transfert.
Je rédige la plainte ou l'assignation et j'y démontre point par point ce que la voie retenue exige : similitude des signes, absence de droit ou d'intérêt légitime du titulaire, mauvaise foi caractérisée par des faits datés. Je réplique à ses arguments, je suis les échanges avec l'office ou le centre d'arbitrage, et je maintiens la pression en parallèle quand une usurpation active continue de produire ses effets.
J'assure l'exécution de la décision auprès du bureau d'enregistrement jusqu'au transfert effectif du nom sur votre compte, y compris pendant les délais de recours ouverts au titulaire. Je referme ensuite la brèche : titularité au nom de la société, verrouillage au registre, réservation des variantes les plus exposées et, quand elle manquait, la marque qui rendra la prochaine récupération de nom de domaine beaucoup plus simple.
FAQ
Une procédure UDRP repose sur trois conditions cumulatives : le nom de domaine est identique ou similaire à un signe sur lequel vous détenez des droits, son titulaire n'a lui-même aucun droit ni intérêt légitime dessus, et il a été enregistré et utilisé de mauvaise foi. Les deux premières se documentent : titre de marque, antériorité d'usage, absence d'activité réelle du titulaire. La troisième se prouve par des faits, et c'est là que se jouent la plupart des dossiers : mise en vente à un prix sans rapport avec le coût d'enregistrement, redirection vers un concurrent, page de hameçonnage, historique de dépôts en série visant d'autres marques. Un dossier qui repose sur la seule ressemblance des noms se perd.
Oui, mais le terrain change. Sans marque, vous ne pouvez pas invoquer les articles L713-2 et L713-3 du code de la propriété intellectuelle : l'action se fonde sur l'article 1240 du code civil, en concurrence déloyale ou en parasitisme, à partir de votre dénomination sociale, de votre nom commercial ou de votre antériorité d'usage. Devant l'AFNIC, l'article L45-2 du code des postes et des communications électroniques vise aussi les atteintes aux droits de la personnalité, ce qui couvre le patronyme d'un dirigeant. En UDRP, les droits non enregistrés sont admis, mais il faut démontrer une notoriété réelle du signe, preuves à l'appui. Dans tous les cas, un dépôt de marque engagé sans attendre renforce la suite du dossier.
Trois choses, toutes défavorables. Le préjudice s'accumule : trafic détourné, courriels de clients qui n'arrivent jamais, prospects qui tombent sur un site qui n'est pas le vôtre. La position du détenteur se renforce : un nom exploité plusieurs années sans réaction de votre part devient un argument d'intérêt légitime et de bonne foi, soit exactement les deux points qui font échouer une UDRP. Enfin le temps joue contre vous en droit, puisque l'action en contrefaçon se prescrit par cinq ans à compter du jour où le titulaire de la marque a connu ou aurait dû connaître le dernier fait lui permettant de l'exercer, selon l'article L716-4-2 du code de la propriété intellectuelle. Agir tôt coûte moins cher et se gagne plus souvent.
Non. Ces procédures n'aboutissent qu'à deux résultats : le transfert du nom de domaine à votre profit, ou sa suppression. Aucune indemnisation, aucun remboursement des frais engagés, aucune interdiction générale d'utiliser le signe ailleurs. Si le squatteur a exploité le nom commercialement, détourné votre clientèle ou monté une opération de hameçonnage sur vos clients, la réparation suppose une action judiciaire. Elle se chiffre alors selon l'article L716-4-10 du code de la propriété intellectuelle, qui impose au juge de prendre en considération distinctement les conséquences économiques négatives, le préjudice moral et les bénéfices réalisés par le contrefacteur, ou d'allouer une somme forfaitaire supérieure aux redevances qui auraient été dues. Les deux voies se cumulent quand le dossier le justifie.
Comptez deux à trois mois par une voie extrajudiciaire. L'AFNIC dispose d'un délai de deux mois pour statuer, fixé par l'article L45-6 du code des postes et des communications électroniques, et sa décision n'est exécutée qu'après un délai de quinze jours calendaires suivant sa notification aux parties. En UDRP, le bureau d'enregistrement met en oeuvre la décision dix jours ouvrables après notification, sauf si le titulaire justifie dans ce délai avoir saisi un tribunal. Une action judiciaire au fond se compte en mois, parfois davantage selon la juridiction saisie. Le référé, lui, permet de faire cesser une exploitation en quelques semaines sans attendre la décision sur le nom lui-même.
Les frais de procédure sont publics. SYRELI devant l'AFNIC coûte 250 euros hors taxes. La PARL EXPERT, qui confie la décision à un expert externe désigné par l'OMPI, coûte 1 500 euros et ne peut viser qu'un seul nom de domaine par demande. Une UDRP devant l'OMPI coûte 1 500 dollars pour un expert unique et jusqu'à cinq noms de domaine, 4 000 dollars devant un collège de trois experts. À cela s'ajoutent les honoraires de constitution du dossier, qui font la différence entre une plainte accueillie et une plainte rejetée. Une action judiciaire change d'échelle, honoraires, constats et éventuelle expertise additionnés.
Cela dépend de la solidité de votre dossier de mauvaise foi, pas de votre budget. Si les trois conditions de l'UDRP sont réunies et documentées, la procédure revient presque toujours moins cher qu'un rachat, et elle ne récompense pas le squatteur. Si le détenteur exerce une activité réelle sous ce nom, l'a enregistré avant votre marque ou porte lui-même ce patronyme, la procédure est perdue d'avance et le rachat devient la seule voie utile. Dans ce second cas, la négociation se conduit sous couvert, par un tiers mandaté, avec un plafond arrêté avant le premier contact. Approcher soi-même le titulaire depuis une adresse professionnelle multiplie le prix demandé.
Juridiquement non, et c'est ce qui rend ces dossiers plus délicats que le squat classique. Le détenteur a enregistré le nom de bonne foi, souvent à votre demande et à ses frais : la mauvaise foi initiale, condition de l'UDRP, fait défaut. Le terrain devient contractuel. Il faut reconstituer ce qui a été commandé et payé, la commande, les factures, les échanges, puis démontrer que la détention du nom faisait partie de la prestation ou que sa rétention constitue une inexécution. Le levier le plus efficace reste la mise en demeure assortie d'une échéance courte, avant saisine du juge. Ces situations se règlent d'autant mieux qu'on n'attend pas l'approche de l'échéance de renouvellement. Voir aussi les formes actuelles du cybersquatting.
Nous accompagnons les entreprises de la tech et du commerce avec une double compétence juridique et technique, de l'analyse à la mise en œuvre.

Ressources
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