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Un avenant SEO ou netlinking ajoute un supplément mensuel et proroge souvent toute la location de site internet. Absence de novation, nullité du contrat initial, preuve des liens créés : les voies pour le contester et récupérer les sommes.
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Un an après la signature du contrat de location de site internet, le commercial revient avec une offre « SEO » ou « SEO et netlinking » : quelques dizaines d'euros de plus par mois pour enfin apparaître sur Google. L'avenant se signe en cinq minutes, souvent sur une tablette. Ce qu'il contient rarement en clair, c'est la prorogation de tout le contrat et la cession du supplément au loueur. Quand le site ne rapporte toujours rien, la question devient simple : cet avenant peut-il être contesté, et comment récupérer ce qu'il a coûté ?
L'avenant se présente comme une option. Juridiquement, il modifie le contrat de location existant sur trois points : le loyer, l'objet de la prestation et, presque toujours, la durée.
Le code civil permet de proroger un contrat si les parties en manifestent la volonté avant son expiration (article 1213). Le problème n'est pas la prorogation elle-même, c'est sa portée. Quand elle vise tout le contrat, le loyer du site continue de courir au-delà des 48 mois initiaux. En cas d'impayé, le loueur calcule alors l'indemnité de résiliation sur des loyers à échoir beaucoup plus nombreux, augmentée de la clause pénale.
Un calcul simple montre l'enjeu. Un supplément de 130 € HT sur 24 mois représente 3 120 € HT. Mais si la même signature allonge de deux ans un loyer de site de 500 € HT, l'engagement total grimpe de 12 000 € HT supplémentaires. Le dirigeant pense acheter du référencement ; il signe surtout pour deux années de location en plus.
La novation est le contrat qui éteint une obligation pour lui en substituer une nouvelle (article 1329 du code civil). Elle ne se présume pas : la volonté de l'opérer doit résulter clairement de l'acte (article 1330). Un avenant qui ajoute une prestation et modifie le loyer n'emporte donc pas, par principe, la disparition du contrat initial.
C'est ce qu'a jugé la cour d'appel de Pau : les avenants SEO n'ont pas opéré novation. Ils n'ont pas créé de nouveaux contrats avec le loueur, ils ont modifié les contrats initiaux conclus avec l'agence et cédés au loueur.
La première stratégie consiste donc à attaquer le contrat principal. Pour une entreprise de 5 salariés au plus, signataire hors établissement d'un contrat étranger à son métier, l'absence de formulaire de rétractation permet d'en demander la nullité. Les conditions, les preuves et la procédure sont détaillées dans l'article sur l'annulation d'un contrat de location de site internet.
Le contrat annulé est censé n'avoir jamais existé (article 1178 du code civil). Les restitutions portent sur tout ce qui a été payé, suppléments SEO compris. À Pau, la cour a annulé les deux contrats « et leurs avenants » et condamné le loueur à restituer 36 101,92 €. Le loueur peut toutefois réclamer la valeur du service fourni (article 1352-8). C'est là que l'absence de livrables SEO devient un argument chiffré.
L'action en nullité se prescrit par cinq ans (article 2224 du code civil), et son point de départ se discute. En défense, l'exception de nullité n'échappe à la prescription que si le contrat n'a reçu aucune exécution (article 1185), ce qui n'est jamais le cas après des mois de loyers.
Si la nullité est fermée, par exemple parce que l'entreprise comptait huit salariés, la caducité peut prendre le relais quand l'agence n'exécute plus. Depuis deux arrêts de chambre mixte du 17 mai 2013 (n° 11-22.768 et n° 11-22.927), les contrats qui s'inscrivent dans une opération incluant une location financière sont interdépendants. La chambre commerciale applique désormais l'article 1186 du code civil à ces montages (10 janvier 2024, n° 22-20.466, publié) : quand le contrat de prestation disparaît, le contrat de financement devient caduc si le loueur connaissait l'opération d'ensemble. Un loueur qui finance un supplément « SEO » identifié comme tel peut difficilement prétendre l'ignorer.
Cas plus délicat : le contrat initial a été signé avec un formulaire de rétractation en bonne et due forme, mais l'avenant, lui, a été signé chez le client sans aucun formulaire. Peut-on le contester isolément ?
L'argument existe. L'avenant fait naître une prestation nouvelle, le référencement, moyennant un prix nouveau. Or les règles du contrat hors établissement s'appliquent à tout contrat par lequel un professionnel fournit un service contre un prix (article L221-1, II, du code de la consommation), et l'article L221-3 les étend aux petites entreprises sollicitées hors de leur activité principale. Si l'avenant remplit ces conditions sans formulaire joint, il encourt la nullité (articles L221-9 et L242-1). Le délai de rétractation de 14 jours est en outre prolongé de 12 mois si les informations sur la rétractation, formulaire compris, n'ont pas été fournies (article L221-20). Passé ce délai, il reste la nullité.
Mais la question n'est pas tranchée. Je n'ai trouvé aucun arrêt de la Cour de cassation qui statue sur l'avenant pris isolément, et l'absence de novation retenue à Pau pousse plutôt à le traiter comme un accessoire du contrat initial. La jurisprudence tend à juger l'avenant avec le contrat qu'il modifie : l'action contre l'avenant seul reste un argument à construire, pas une certitude.
Beaucoup d'avenants sont signés à distance : appel du commercial, lien de signature électronique reçu par courriel. Le contrat à distance n'est pas visé par l'extension de l'article L221-3, qui ne joue que pour le hors établissement. Il existe une exception : le contrat conclu à distance immédiatement après une sollicitation personnelle en présence physique des deux parties reste hors établissement (article L221-1, I, 2°, b). Un avenant signé en ligne pendant la visite ou dans la foulée, sur le lien envoyé par le commercial, peut entrer dans le champ. Signé le lendemain, l'exigence d'immédiateté se discute. Signé après un simple appel, il n'y entre pas.
Vérifiez aussi la signature. La cour d'appel d'Orléans a jugé le 25 mars 2021 (RG n° 19/01565) qu'un avenant portant le loyer de 640 € HT à 850 € HT n'engageait pas le locataire : il ne comportait qu'une signature, celle du bailleur, et le paiement des factures majorées n'était pas prouvé. Seul le contrat initial liait les parties. L'argument sert contre un avenant SEO non signé, mais la cour s'est appuyée sur l'absence de paiement : des mois de prélèvements du supplément sans protestation pèseront comme une acceptation.
Si l'avenant relève du hors établissement et que l'agence a démarré le référencement sans recueillir sur papier ou sur support durable une demande expresse de son client, ou sans l'informer des frais dus en cas de rétractation, celui qui se rétracte ne doit rien pour la période écoulée (article L221-25).
Le référencement naturel est en principe une obligation de moyens : sauf engagement chiffré dans le contrat, l'agence ne garantit ni une position ni un volume de contacts. Le client ne peut donc pas reprocher le seul défaut de résultat. Il peut en revanche exiger que les moyens promis aient été mis en œuvre, et c'est là que la plupart des avenants sont fragiles : ils ne décrivent aucun livrable, aucun nombre de liens, aucun rapport.
Un contrat à titre onéreux est nul quand la contrepartie convenue est illusoire ou dérisoire au moment de sa formation (article 1169 du code civil). L'argument réussit rarement : une prestation vague n'est pas pour autant inexistante. Le droit des pratiques restrictives offre une voie plus réaliste. L'article L442-1, I, 1°, du code de commerce sanctionne le fait d'obtenir de l'autre partie un avantage ne correspondant à aucune contrepartie ou manifestement disproportionné au regard de la valeur de la contrepartie consentie.
Le 24 juin 2026, la chambre commerciale a cassé un arrêt qui refusait d'appliquer l'ancien article L442-6, I, 1° et 2°, à un restaurateur lié par un contrat unique de licence de site internet, avec hébergement, référencement et maintenance, cédé à Locam : il n'est pas nécessaire d'avoir une relation répétée pour être un « partenaire commercial » (n° 25-11.712, inédit). Pour un contrat conclu depuis l'ordonnance du 24 avril 2019, la question ne se pose plus : l'article L442-1 vise « l'autre partie ». La victime peut obtenir réparation, faire constater la nullité des clauses illicites et demander la restitution des avantages indus (article L442-4). Deux limites demeurent. Ces litiges relèvent de tribunaux de commerce spécialisés, avec appel devant la cour d'appel de Paris (articles L442-4 et D442-2). Et la Cour de cassation a jugé le 15 janvier 2020 (n° 18-10.512, publié) que les opérations de location financière de Locam, société de financement agréée, relevaient du code monétaire et financier, non de ces textes. L'action vise donc d'abord l'agence. Contre le loueur, elle se heurte à cet arrêt de 2020, et c'est l'article 1171 du code civil qui prend le relais.
Les règles de Google sur le spam classent parmi les « liens toxiques » l'achat de liens destinés à manipuler le classement, sauf s'ils sont qualifiés par un attribut rel="sponsored" ou rel="nofollow". Un site qui ne respecte pas ces règles peut être moins bien classé, voire disparaître des résultats. Une agence qui achète des liens en masse sur des réseaux de sites sans contenu ne livre pas seulement une prestation sans valeur : elle fait courir un risque au site de son client. L'absence d'information sur ce risque peut nourrir un manquement au devoir d'information de l'article 1112-1 du code civil.
Qui doit prouver quoi ? Celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement (article 1353 du code civil), et le paiement s'entend de l'exécution de la prestation due (article 1342). L'agence qui affirme avoir livré les liens et rapports promis doit donc le montrer, comme le loueur qui se prévaut du contrat. Le manque de diligence reste en revanche à prouver par le client, l'obligation étant en principe de moyens. En pratique, je demande par écrit :
Côté client, les preuves se constituent avant toute rupture : export de la Search Console et des statistiques de visite sur toute la période, captures des pages, courriels de relance restés sans réponse. Mon profil de développeur sert ici concrètement : je vérifie si les liens annoncés existent, s'ils sont indexés, s'ils proviennent de sites réels ou de pages créées pour l'occasion. Un rapport qui liste 40 liens dont 30 ne répondent plus ne prouve pas l'exécution, il prouve le contraire.
Point de vigilance. Ne cessez pas de payer le seul supplément SEO. Pour le loueur, un loyer partiellement impayé est un impayé : il prononce la résiliation de l'ensemble du contrat, réclame tous les loyers à échoir et la clause pénale. L'exception d'inexécution (article 1219) se discute avec l'agence, mais elle se retourne vite contre le client face au loueur. Mettez en demeure, notifiez, et suspendez seulement quand la stratégie est arrêtée.
L'avenant se vend sur une promesse : « première page en trois mois », « dix demandes de devis par mois ». Deux fondements permettent de la saisir.
Le devoir d'information. Celui qui connaît une information déterminante pour le consentement de l'autre doit la lui donner (article 1112-1 du code civil). La prorogation de toute la location, le fait que le supplément soit payé au loueur et non à l'agence, ou le caractère non résiliable de l'option peuvent constituer des informations déterminantes. Le devoir d'information ne porte pas, en revanche, sur l'estimation de la valeur de la prestation. Si l'avenant relève du hors établissement, s'ajoutent les informations précontractuelles de l'article L221-5 du code de la consommation.
Le dol. Les manœuvres ou mensonges qui ont déterminé la signature permettent d'en demander l'annulation (article 1137). Une promesse orale se prouve mal ; une plaquette, un courriel ou une proposition commerciale chiffrée se produisent. Conservez-les.
Enfin, dans un avenant d'adhésion rédigé à l'avance par l'agence, une clause non négociable qui crée un déséquilibre significatif est réputée non écrite (article 1171). Le texte ne permet pas de discuter le prix, mais il permet d'écarter, par exemple, une clause qui interdit de résilier l'option SEO tout en laissant l'agence libre d'en réduire le contenu.
Contre le loueur, c'est le texte utile. La chambre commerciale juge que l'article 1171 s'applique aux contrats de location financière des sociétés de financement, précisément parce qu'ils échappent aux pratiques restrictives (26 janvier 2022, n° 20-16.782, publié). Le même arrêt admet toutefois que la résiliation de plein droit réservée au seul loueur se justifie par la nature de ses obligations : une clause unilatérale n'est pas, à elle seule, déséquilibrée.
Dans ce dossier, j'assistais l'appelante, une SARL de charpente et couverture des Landes, devant la cour d'appel de Pau (2e chambre, section 1, RG n° 25/01211).
La cour a retenu l'application de l'article L221-3 : un site internet n'entre pas dans l'activité principale d'un couvreur, et le registre du personnel prouve l'effectif. Les contrats ne comportaient ni les informations sur la rétractation ni le formulaire type. L'annulation des contrats principaux entraînant celle de leurs avenants, la cour a annulé rétroactivement les deux contrats et leurs avenants, infirmé le jugement en totalité, débouté Locam et l'a condamnée à restituer 36 101,92 €, plus 2 000 € au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
La leçon pour les avenants est nette : dans ce dossier, il n'a pas été nécessaire de débattre de la valeur du SEO. L'avenant est tombé avec le contrat qu'il modifiait.
Je procède dans cet ordre. D'abord le contrat initial : lieu de signature, effectif, activité, formulaire, cession. S'il est annulable, l'avenant suit. Ensuite l'avenant lui-même : signature, lieu, durée réellement prorogée, informations remises. Enfin l'exécution : je réclame les livrables à l'agence et je vérifie techniquement ce qui a été fait. Ce diagnostic dit s'il faut agir en nullité, notifier une résolution, négocier une sortie ou contester le décompte du loueur.
Pour cadrer ce qu'une prestation de référencement doit contenir, l'article sur le contrat de référencement de site internet donne les clauses à exiger. Ces dossiers relèvent du droit de la consommation appliqué aux petites entreprises et des litiges avec les agences web et prestataires IT. Si un avenant SEO a prolongé votre location et que le loueur vous réclame la suite, échangeons sur votre avenant et votre contrat de location avant de suspendre le moindre paiement.
Pour aller plus loin
Souvent, oui. Beaucoup d'avenants SEO ou netlinking prorogent le contrat entier, pas seulement l'option : le loyer du site continue alors de courir au-delà des 48 mois initiaux. Le code civil admet la prorogation décidée avant l'expiration du contrat (article 1213). Relisez la clause de durée de l'avenant et l'échéancier du loueur. Si la prorogation n'apparaissait pas clairement à la signature, le défaut d'information de l'article 1112-1 du code civil peut être invoqué.
C'est envisageable si l'avenant a été signé hors établissement, par une entreprise de 5 salariés au plus, pour une prestation étrangère à son métier (article L221-3 du code de la consommation). Le délai est de 14 jours, prolongé de 12 mois si les informations sur la rétractation, formulaire compris, manquaient (article L221-20). Au-delà, reste la nullité (article L242-1). Aucune décision de la Cour de cassation ne tranche le cas de l'avenant pris isolément : l'argument doit être construit au cas par cas.
Non, en principe. Un avenant qui n'opère pas novation reste l'accessoire du contrat qu'il modifie. Le contrat annulé étant censé n'avoir jamais existé (article 1178 du code civil), l'avenant disparaît avec lui. La cour d'appel de Pau l'a jugé le 20 octobre 2026 : deux contrats et leurs avenants SEO annulés, 36 101,92 € à restituer par le loueur.
Le risque est élevé. Pour le loueur, un loyer partiellement impayé reste un impayé : il prononce la résiliation de tout le contrat et réclame les loyers à échoir, plus une clause pénale souvent fixée à 10 %. Le juge peut réduire une pénalité manifestement excessive (article 1231-5 du code civil), y compris l'indemnité égale aux loyers à échoir selon la chambre commerciale (8 février 2023, n° 21-21.391), mais sans garantie. Mieux vaut mettre l'agence en demeure, notifier la résolution de l'avenant et ne suspendre qu'une fois la stratégie arrêtée.
Demandez par écrit à l'agence la liste des liens créés : URL de la page source, date, ancre, attribut. Celui qui se prétend libéré doit justifier de l'exécution (articles 1342 et 1353 du code civil). De votre côté, exportez la Search Console et vos statistiques de visite. Un contrôle technique révèle vite les liens disparus, non indexés ou placés sur des sites créés pour l'occasion. Ces éléments fondent une réduction du prix ou une résolution.
Elle peut le promettre, mais le référencement naturel reste en principe une obligation de moyens : sans engagement chiffré écrit, le seul défaut de position ne suffit pas à engager l'agence. Une promesse écrite de résultat change la donne. Si elle a déterminé votre signature, elle peut fonder une annulation pour dol (article 1137 du code civil). Gardez les plaquettes, propositions et courriels du commercial : une promesse orale se prouve très mal.
La résiliation joue pour l'avenir et suppose une inexécution suffisamment grave de l'agence (article 1224) ou une clause qui la permet. Les sommes correspondant aux prestations réellement fournies restent acquises ; seules les périodes payées sans contrepartie se récupèrent (article 1229). L'annulation efface l'avenant depuis l'origine : les suppléments versés sont restitués (article 1178 du code civil). Elle suppose un vice à la formation : défaut de formulaire hors établissement, information manquante, dol.
Il le tente presque toujours, mais le client oppose au loueur cessionnaire les exceptions qu'il aurait pu opposer à l'agence (article 1216-2 du code civil). Si l'agence n'exécute plus, la résolution notifiée après mise en demeure rend le financement caduc (article 1186) et reste opposable au loueur sans mettre l'agence en cause (Cass. com., 5 février 2025, n° 23-23.358, publié). En liquidation, la mise en demeure de prendre parti s'adresse au liquidateur (article L641-11-1 du code de commerce). Voir notre page avocat en droit de la consommation.
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