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Votre SaaS est-il conforme ? Passez en revue les 12 points juridiques essentiels : RGPD, contrats, hébergement, SLA, sécurité et réversibilité.
Checklist Saas
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Lancer un SaaS ne consiste pas seulement à développer un logiciel, choisir un hébergeur et mettre en place un système d’abonnement. Dès qu’une entreprise commercialise une solution accessible en ligne, elle doit également organiser la protection des données, les contrats avec ses clients, ses responsabilités, la propriété intellectuelle du logiciel et les conditions dans lesquelles le service peut être interrompu ou résilié.
Ces sujets sont parfois repoussés jusqu’aux premières négociations commerciales.
Une startup lance son produit avec quelques utilisateurs, rédige rapidement des CGU, ajoute une politique de confidentialité générique et considère que la partie juridique pourra être améliorée lorsque l’activité aura suffisamment grandi.
Le problème apparaît souvent plus tôt.
Un prospect important demande un DPA avant de signer. Une direction juridique souhaite connaître la localisation exacte des données. Un client exige un engagement de disponibilité. Un investisseur demande qui détient les droits sur le code source. Une entreprise résilie son abonnement et souhaite récupérer l’intégralité de ses données dans un format exploitable.
À ce moment-là, les questions juridiques deviennent directement commerciales.
La conformité juridique d’un SaaS ne doit donc pas être envisagée comme une série de documents à ajouter après le développement du produit. Elle fait partie de l’architecture même du service.
Pour aider les éditeurs, startups et entreprises qui développent une solution SaaS à identifier rapidement leurs principaux points de vigilance, Mirabile Avocat a conçu une checklist SaaS permettant de vérifier en quelques minutes les éléments essentiels avant de considérer son logiciel comme juridiquement prêt.
Mais quels sont précisément les sujets à contrôler ?
Il n’existe pas un régime juridique unique applicable à tous les logiciels SaaS.
Les obligations varient notamment selon la clientèle visée, les données traitées, les fonctionnalités proposées et la manière dont le service est commercialisé.
Un SaaS vendu exclusivement à des entreprises ne sera pas organisé exactement de la même manière qu’un logiciel accessible à des consommateurs.
Une plateforme RH traitant des données concernant les salariés de ses clients ne soulève pas non plus les mêmes problématiques qu’un outil permettant simplement de créer des présentations en ligne.
Malgré ces différences, certaines questions reviennent pratiquement systématiquement.
Qui est responsable des données personnelles ? Quel contrat faut-il conclure avec les clients ? Où les données sont-elles hébergées ? Que se passe-t-il en cas d’indisponibilité ? Qui possède le code ? Comment un client récupère-t-il ses données après la résiliation ? Que prévoit le contrat lorsqu’une faille de sécurité survient ?
Ces questions forment le véritable socle juridique d’un SaaS.
Avant même de rédiger une politique de confidentialité, un éditeur SaaS doit comprendre quel rôle il occupe dans les traitements de données personnelles réalisés au moyen de son logiciel.
Cette qualification est fondamentale.
Dans certaines situations, l’éditeur décide lui-même pourquoi et comment des données personnelles sont utilisées. Il peut alors agir en qualité de responsable de traitement pour ces opérations.
Dans d’autres situations, il traite principalement des données pour le compte de son client professionnel.
Imaginons une entreprise proposant un logiciel RH permettant à ses clients de gérer les dossiers de leurs salariés.
Le client décide pourquoi ces informations sont traitées : gestion administrative des collaborateurs, suivi des congés, organisation du travail ou production de certains documents.
L’éditeur fournit l’infrastructure technique permettant ces opérations.
Dans ce type de relation, l’éditeur SaaS peut intervenir comme sous-traitant au sens du RGPD pour les traitements réalisés pour le compte de l’entreprise cliente.
Mais la situation peut être plus complexe.
Le même éditeur peut être sous-traitant pour certaines données et responsable de traitement pour d’autres. Il peut, par exemple, traiter les données nécessaires à la facturation de ses propres clients pour ses propres finalités.
Il ne suffit donc pas d’inscrire « nous sommes sous-traitants » dans un contrat.
La qualification doit correspondre à la réalité de chaque traitement.
Une erreur sur ce point peut ensuite contaminer toute la documentation RGPD du SaaS.
Lorsqu’un SaaS traite des données personnelles pour le compte d’un client professionnel, la relation doit généralement être encadrée par un accord relatif au traitement des données, souvent appelé DPA pour Data Processing Agreement.
Ce document est particulièrement important dans le marché B2B.
Dès qu’un SaaS vise des entreprises structurées, il est fréquent que la direction juridique, le DPO ou l’équipe sécurité du prospect demande le DPA pendant le processus commercial.
Son absence peut alors retarder la signature du contrat.
Le document permet notamment d’organiser le cadre dans lequel l’éditeur traite les données qui lui sont confiées.
Il ne s’agit pas simplement d’ajouter une annexe indiquant que les deux entreprises « respectent le RGPD ».
Il faut déterminer concrètement la nature des traitements, les catégories de données concernées, les mesures de sécurité, les règles applicables aux éventuels sous-traitants techniques et les obligations des parties lorsqu’un incident survient.
L’organisation des sous-traitants ultérieurs est particulièrement importante pour un SaaS moderne.
Une solution peut s’appuyer simultanément sur un cloud provider, une plateforme d’envoi d’e-mails, un service de support, une solution de monitoring et différents outils techniques.
L’éditeur doit donc savoir qui intervient réellement dans le traitement des données de ses clients.
Le DPA n’est ainsi pas uniquement un document juridique. Il oblige également l’entreprise à cartographier son architecture technique.
« Où sont hébergées nos données ? »
Cette question est désormais extrêmement fréquente dans les ventes B2B.
De nombreux prospects souhaitent savoir si leurs informations seront conservées en France, dans l’Union européenne ou dans un pays tiers.
La réponse ne doit pas être approximative.
Un SaaS ne peut pas simplement affirmer que ses données sont « hébergées en Europe » parce que son serveur principal se situe dans un datacenter européen.
Il faut examiner l’ensemble de la chaîne.
Certaines données peuvent être stockées sur le serveur principal tandis que les logs sont envoyés vers une autre solution. Les e-mails transactionnels peuvent transiter par un autre prestataire. Les sauvegardes peuvent suivre une infrastructure différente. Le support client peut accéder à certaines informations depuis un pays tiers.
La notion de localisation des données doit donc être examinée de manière globale.
Cette problématique est directement liée aux transferts internationaux de données.
Lorsqu’une donnée personnelle quitte l’Espace économique européen ou devient accessible depuis certains pays tiers, il peut être nécessaire de mettre en place des mécanismes permettant d’encadrer juridiquement ce transfert.
Pour un éditeur SaaS, la question de l’hébergement est ainsi devenue à la fois un sujet RGPD, un sujet de cybersécurité et un argument commercial.
Certaines entreprises excluent d’ailleurs des fournisseurs dès l’appel d’offres lorsque les garanties proposées concernant les données sont insuffisantes.
Une politique de confidentialité générique donne parfois une illusion de conformité.
Le document existe, il figure dans le footer et mentionne le RGPD.
Cela ne signifie pas qu’il est adapté.
Une bonne politique de confidentialité doit refléter les traitements effectivement réalisés par l’entreprise.
Si le SaaS utilise des données pour créer les comptes, gérer la facturation, fournir un support technique, analyser l’utilisation du service ou envoyer certaines communications, ces pratiques doivent être examinées et expliquées en fonction du rôle juridique de l’éditeur.
Le document doit également évoluer avec le produit.
Un SaaS qui ajoute une nouvelle solution analytique, développe une fonctionnalité utilisant l’intelligence artificielle ou modifie son infrastructure technique peut changer la manière dont certaines données sont traitées.
La politique de confidentialité rédigée lors de la création de la startup peut alors devenir progressivement inexacte.
La conformité RGPD doit donc être pensée comme un processus continu.
Il est particulièrement utile de comparer régulièrement ce qui est indiqué dans les documents juridiques avec ce qui existe réellement dans le code et dans l’infrastructure.
Une entreprise peut découvrir à cette occasion que des prestataires sont encore mentionnés alors qu’ils ne sont plus utilisés, ou au contraire que de nouveaux outils n’ont jamais été intégrés à la documentation.
Les CGU et CGV d’un SaaS sont souvent considérées comme des versions légèrement modifiées des conditions générales d’un site Internet traditionnel.
Cette approche est risquée.
Un logiciel vendu sous forme d’abonnement génère des problématiques contractuelles spécifiques.
Le client n’achète généralement pas la propriété du programme informatique. Il acquiert un droit d’accès au service pendant une certaine durée.
Il faut donc définir précisément ce qui est fourni.
Quelles fonctionnalités sont comprises dans l’abonnement ? Combien d’utilisateurs peuvent accéder au service ? Existe-t-il plusieurs niveaux d’offre ? À quelle fréquence le client est-il facturé ? Que se passe-t-il en cas d’impayé ? Comment l’abonnement peut-il être résilié ?
La question des modifications du service doit également être anticipée.
Un SaaS évolue constamment.
De nouvelles fonctionnalités sont ajoutées, certaines sont modifiées et d’autres peuvent disparaître. Le contrat doit permettre à l’entreprise de faire évoluer son produit tout en évitant de vider de sa substance le service pour lequel le client a payé.
Les limitations de responsabilité doivent elles aussi être adaptées.
Une clause générique affirmant que l’éditeur « ne pourra jamais être responsable d’aucun dommage » ne constitue pas nécessairement une protection efficace.
Il faut plutôt identifier les risques réels liés au service et organiser leur répartition de manière cohérente.
Les startups se concentrent parfois tellement sur les contrats complexes qu’elles oublient les obligations les plus simples.
Les mentions légales en constituent un bon exemple.
Une plateforme SaaS possède généralement un site permettant de présenter le service, de créer un compte ou de contacter l’entreprise.
Les informations permettant d’identifier l’éditeur doivent y être correctement renseignées.
Cette transparence est évidemment juridique, mais elle joue également un rôle commercial.
Pour un prospect B2B, une société difficile à identifier peut envoyer un signal particulièrement négatif.
Une entreprise qui envisage de confier des données ou un processus critique à un SaaS cherchera naturellement à savoir quelle société exploite réellement la solution.
Les mentions légales peuvent donc sembler secondaires par rapport à un DPA ou à un SLA, mais elles participent à la crédibilité générale du service.
La propriété intellectuelle du code source est un autre sujet fréquemment sous-estimé.
Lorsque les fondateurs développent eux-mêmes l’intégralité du logiciel dans des conditions parfaitement organisées, la situation peut paraître relativement simple.
Mais les startups font régulièrement intervenir des développeurs freelances, des agences, des consultants ou différents prestataires.
Le paiement d’une facture de développement ne signifie pas nécessairement que tous les droits sur le code ont automatiquement été transférés à l’entreprise.
La question doit être encadrée juridiquement.
Cette problématique prend une importance particulière lors d’une levée de fonds, d’un audit juridique ou d’une opération de cession.
Un investisseur qui souhaite entrer au capital d’un éditeur logiciel voudra naturellement s’assurer que la société possède réellement les droits nécessaires sur le produit qui constitue son principal actif.
Découvrir à ce moment-là qu’une partie essentielle du code a été développée plusieurs années auparavant par un freelance sans clause adaptée peut devenir problématique.
Il est donc préférable de régler la propriété intellectuelle dès le début du projet.
La propriété du code et celle des données sont deux sujets différents.
L’éditeur SaaS peut posséder le logiciel tout en hébergeant des données appartenant ou se rapportant à l’activité de son client.
Le contrat doit donc préciser ce que l’entreprise peut faire avec ces informations.
Un client qui utilise un CRM en ligne ne s’attend pas à ce que le fournisseur devienne propriétaire de l’intégralité de son fichier commercial simplement parce que les données sont stockées sur ses serveurs.
À l’inverse, l’éditeur peut avoir besoin d’utiliser certaines informations techniques pour assurer le fonctionnement, la sécurité ou l’amélioration du service.
La documentation contractuelle doit donc éviter les formulations trop générales sur la « propriété des données ».
Il est souvent nécessaire de distinguer les données fournies par le client, les données générées dans le cadre de l’utilisation du service et certaines informations techniques relatives au fonctionnement de la plateforme.
Cette distinction devient particulièrement importante lorsque le SaaS repose sur l’analyse de grandes quantités de données ou sur des fonctionnalités d’intelligence artificielle.
« Notre plateforme est disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. »
Cette phrase peut sembler rassurante dans une brochure commerciale.
Elle ne constitue pas nécessairement un engagement contractuel suffisamment précis.
Lorsqu’une entreprise dépend d’un SaaS pour une fonction importante de son activité, elle souhaite généralement disposer de garanties plus concrètes.
C’est l’objectif du Service Level Agreement, ou SLA.
Le SLA peut notamment définir un taux de disponibilité du service, une méthode de calcul, les périodes exclues telles que certaines maintenances et les conséquences d’un non-respect.
Il peut également organiser les délais de prise en charge et de résolution des incidents.
La précision est essentielle.
Un engagement indiquant simplement que l’éditeur fera « ses meilleurs efforts » pour rétablir la plateforme ne produit pas la même sécurité qu’un mécanisme assorti d’indicateurs objectifs.
Le SaaS doit toutefois éviter de promettre davantage que ce que son infrastructure est réellement capable de fournir.
Un SLA particulièrement favorable au client peut devenir dangereux si l’équipe technique ne possède aucun système permettant de mesurer précisément le taux de disponibilité promis.
Le juridique, le commercial et la technique doivent donc travailler ensemble.
On ne devrait pas promettre contractuellement un niveau de service que l’entreprise n’est pas capable de mesurer.
Lorsqu’un incident de sécurité survient, le pire moment pour déterminer les responsabilités est précisément celui où l’entreprise vient de découvrir la faille.
Les délais applicables peuvent être courts.
Dans certaines situations relevant du RGPD, une violation de données doit notamment être notifiée à l’autorité compétente dans les 72 heures après que le responsable du traitement en a pris connaissance.
Pour un SaaS agissant en qualité de sous-traitant, l’organisation doit également permettre d’informer rapidement le client concerné afin qu’il puisse lui-même évaluer ses obligations.
Cela suppose une procédure établie avant l’incident.
L’équipe doit savoir qui doit être prévenu, qui analyse la violation, comment déterminer les données concernées et comment documenter les décisions prises.
Un problème de sécurité n’est donc pas uniquement un sujet pour les développeurs.
Il peut mobiliser simultanément l’équipe technique, la direction, le DPO, les juristes, la communication et parfois les clients concernés.
La qualité de la réaction dépend en grande partie de la préparation réalisée avant l’incident.
Que se passe-t-il lorsqu’un client décide de quitter le SaaS ?
Cette question est souvent beaucoup moins travaillée que l’onboarding.
Pourtant, elle est fondamentale.
Une entreprise peut utiliser une plateforme pendant plusieurs années et y accumuler une quantité considérable d’informations. Au moment de résilier son contrat, elle souhaite naturellement pouvoir récupérer ces données afin de migrer vers une autre solution.
Le contrat doit donc déterminer comment cette restitution sera organisée.
Quels formats seront proposés ? Combien de temps le client disposera-t-il pour récupérer les données ? Une assistance à la migration est-elle disponible ? Est-elle incluse dans l’abonnement ou facturée séparément ? Quand les données restantes seront-elles supprimées ?
Plus le SaaS devient critique pour le client, plus cette question prend de l’importance.
Dans certaines négociations B2B, la réversibilité peut même devenir l’un des sujets majeurs du contrat.
Le client veut éviter une situation de dépendance dans laquelle quitter son fournisseur deviendrait techniquement ou économiquement presque impossible.
Pour l’éditeur, une clause précise permet également d’éviter des demandes illimitées après la résiliation.
Une bonne clause de réversibilité protège donc les deux parties.
Le fait de vendre un logiciel à des professionnels ne signifie pas que les règles relatives aux cookies et aux traceurs disparaissent.
Le site marketing du SaaS peut utiliser des solutions de mesure d’audience, des plateformes publicitaires ou des outils permettant d’analyser le comportement des visiteurs.
L’application elle-même peut également intégrer différents traceurs.
Il faut donc identifier les technologies utilisées et déterminer lesquelles nécessitent un consentement.
Le bandeau cookies est fréquemment installé au moyen d’une solution spécialisée, mais son existence ne suffit pas.
Le paramétrage doit réellement empêcher les traceurs concernés de fonctionner lorsque l’utilisateur refuse.
Une mauvaise configuration peut créer une situation paradoxale dans laquelle l’interface indique que le choix de l’utilisateur a été pris en compte tandis que les outils publicitaires continuent de collecter certaines données.
La conformité doit donc être testée techniquement.
Un SaaS accessible à des consommateurs ajoute une couche supplémentaire de réglementation.
Le professionnel doit notamment tenir compte des obligations d’information précontractuelle et, lorsque le droit s’applique, du droit de rétractation.
Le fonctionnement de l’abonnement doit être présenté de manière suffisamment claire pour que le consommateur comprenne ce qu’il achète, combien il va payer et dans quelles conditions le service pourra être utilisé ou résilié.
La question du délai de rétractation doit également être traitée avec attention.
Une absence ou une mauvaise information peut avoir des conséquences importantes sur la période pendant laquelle le consommateur pourra exercer son droit.
Les éditeurs SaaS B2C doivent donc éviter de reprendre automatiquement une documentation conçue pour des clients professionnels.
Le statut du client modifie profondément certaines obligations.
La meilleure méthode consiste à ne pas commencer par les documents.
Il faut commencer par le produit.
Demandez-vous d’abord quelles données entrent réellement dans le SaaS. Qui les fournit ? Pourquoi sont-elles collectées ? Où sont-elles hébergées ? Quels prestataires peuvent y accéder ?
Examinez ensuite le parcours commercial.
Que promet l’équipe sales au client ? Ces engagements apparaissent-ils dans le contrat ? Le niveau de disponibilité annoncé peut-il être mesuré ? Les fonctionnalités présentées dans les démonstrations correspondent-elles à celles réellement fournies ?
Il faut ensuite analyser la relation contractuelle.
Que se passe-t-il en cas d’impayé ? En cas de panne ? Lorsqu’un client souhaite partir ? Lorsqu’il demande l’export de ses données ? Lorsqu’une violation de sécurité survient ?
Enfin, il faut vérifier la propriété du produit.
Qui a développé le code ? Les contrats conclus avec les prestataires permettent-ils réellement à l’entreprise de disposer des droits dont elle a besoin ? Des bibliothèques ou composants tiers imposent-ils certaines conditions d’utilisation ?
Cette méthode permet d’éviter un défaut fréquent : disposer de contrats parfaitement rédigés sur le papier mais totalement déconnectés de la réalité du SaaS.
Plus un SaaS monte en gamme, plus les questions juridiques prennent de l’importance dans le cycle de vente.
Une petite entreprise peut créer un compte en quelques minutes et payer immédiatement par carte bancaire.
Un grand groupe fonctionnera rarement de cette manière.
Le prospect peut transmettre un questionnaire sécurité, demander la liste des sous-traitants, analyser le DPA, négocier les clauses de responsabilité, discuter du SLA et exiger des garanties concernant la réversibilité.
Un éditeur qui découvre toutes ces questions au moment de recevoir le contrat du prospect risque de ralentir considérablement la vente.
À l’inverse, une entreprise disposant déjà d’une documentation structurée pourra répondre beaucoup plus rapidement.
Le juridique peut donc devenir un véritable avantage dans le processus commercial.
Une infrastructure contractuelle solide rassure les directions juridiques et les équipes achats. Elle réduit également le nombre d’allers-retours nécessaires avant la signature.
Pour un SaaS qui cherche à passer d’une clientèle de petites entreprises à des comptes plus importants, la maturité juridique peut devenir une condition de la croissance.
La première erreur consiste à penser que les questions juridiques peuvent attendre.
Pendant les premiers mois, le SaaS possède peu de clients et les risques semblent limités. Mais c’est précisément à ce moment-là que sont prises les décisions qui structureront l’activité pendant plusieurs années.
Les premiers contrats avec les développeurs déterminent la propriété du code. Le choix du cloud et des outils techniques détermine une partie de l’organisation des données. Les premiers contrats commerciaux constituent souvent la base des futures CGV.
Une deuxième erreur consiste à utiliser des modèles sans les adapter.
Un contrat SaaS trouvé sur Internet peut employer un vocabulaire professionnel et donner une impression de sécurité tout en étant totalement inadapté au produit.
La troisième erreur consiste à faire travailler chaque équipe indépendamment.
Le commercial promet un taux de disponibilité que les développeurs ne mesurent pas. Le marketing installe un nouvel outil de tracking que personne n’ajoute dans l’analyse RGPD. La direction signe un grand compte avec une clause de sécurité que l’équipe technique n’a jamais vue.
La conformité d’un SaaS suppose au contraire une circulation de l’information entre les fonctions.
Le meilleur moment se situe généralement avant que les problèmes n’apparaissent.
Une vérification est naturellement utile avant la mise sur le marché du logiciel.
Elle devient également particulièrement pertinente lorsqu’un SaaS commence à signer des clients B2B importants, traite de nouvelles catégories de données ou modifie son infrastructure.
Une levée de fonds peut aussi constituer un moment stratégique.
Les investisseurs examineront souvent la propriété intellectuelle, les contrats essentiels, la protection des données et les principaux risques liés à l’activité.
Une entreprise qui prépare ces sujets en amont réduit la probabilité de découvrir un problème au milieu d’une due diligence.
Il en va de même lors d’une expansion internationale.
Le passage d’un SaaS français à une solution vendue dans plusieurs pays peut nécessiter une nouvelle analyse de la documentation contractuelle et des flux de données.
Un SaaS peut être techniquement fonctionnel, générer du chiffre d’affaires et disposer de nombreux utilisateurs tout en conservant plusieurs zones de risque.
Le problème est que ces fragilités restent souvent invisibles jusqu’au moment où un événement les révèle.
Un prospect demande un DPA qui n’existe pas. Un incident de sécurité survient sans procédure interne. Un client veut récupérer ses données alors que rien n’a été prévu. Une due diligence révèle que la propriété d’une partie du code n’est pas suffisamment documentée.
La bonne approche consiste donc à vérifier ces éléments avant qu’ils deviennent urgents.
Qualification RGPD, DPA, hébergement des données, politique de confidentialité, contrats SaaS, propriété intellectuelle, SLA, sécurité, réversibilité, cookies et règles B2C forment ensemble le socle juridique d’un SaaS structuré.
Il n’est pas nécessaire que toutes les startups disposent immédiatement de dizaines de documents.
En revanche, elles doivent comprendre quels risques existent et décider consciemment de la manière dont elles souhaitent les encadrer.
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L’objectif n’est pas d’accumuler les documents juridiques, mais d’identifier rapidement les éventuelles zones de risque et de déterminer les sujets qui doivent être sécurisés en priorité.
Mirabile Avocat accompagne les éditeurs et entreprises dans la sécurisation juridique de leurs activités SaaS, notamment sur les problématiques RGPD, les contrats clients, les conditions générales et la conformité réglementaire.
Pour aller plus loin
Un SaaS est souvent les deux à la fois selon les données : responsable de traitement pour les données de ses propres utilisateurs, sous-traitant pour celles que ses clients professionnels y font transiter. Cette qualification doit être documentée séparément dans le registre des traitements.
Oui, à tout moment, dès lors que le SaaS traite des données personnelles pour son compte. L'article 28 du RGPD impose ce contrat écrit, qui couvre notamment les instructions documentées, la confidentialité du personnel et l'assistance en cas de violation de données.
72 heures à compter de la découverte de l'incident. Ce délai suppose d'avoir défini en amont qui qualifie l'incident, qui notifie la CNIL et qui informe les clients concernés au sein de l'équipe.
Sans clause de cession explicite, la question reste ouverte et litigieuse. La propriété intellectuelle du code et des données clients doit être clarifiée par une clause écrite précisant l'étendue et le territoire de la cession.
Parce qu'à défaut, la récupération des données en fin de contrat devient un rapport de force avec l'éditeur. La clause doit fixer le périmètre des données à restituer, leur format et les délais, négociés hors contexte de rupture.
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