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CGV, mentions légales, rétractation, cookies, avis, prix et soldes : découvrez les obligations juridiques d’un site e-commerce en France.
Livre Blanc E-Commerce
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7 minutes
Créer un site e-commerce ne consiste pas uniquement à choisir une plateforme, mettre en ligne un catalogue de produits et connecter un module de paiement. Dès lors qu’une entreprise commence à vendre des produits ou des services sur Internet, elle entre dans un environnement juridique particulièrement encadré.
Cette réglementation est encore plus importante lorsque les clients sont des consommateurs. Les règles applicables interviennent avant même que l’internaute ajoute un produit à son panier, mais également pendant la commande et après la vente.
Conditions générales de vente, mentions légales, protection des données personnelles, cookies, droit de rétractation, affichage des prix, avis clients, réductions de prix, soldes ou encore pratiques commerciales : les obligations juridiques d’un site e-commerce concernent presque toutes les étapes du parcours client.
Ces règles ne doivent pas être considérées comme de simples formalités administratives. Une information absente, des CGV inadaptées, une réduction présentée de manière trompeuse ou un tunnel de commande mal configuré peuvent exposer le commerçant à des contestations de clients, à un contrôle des autorités compétentes et, dans certaines situations, à des sanctions administratives ou pénales.
La difficulté vient notamment du fait que la conformité d’un site marchand ne repose pas uniquement sur les textes présents dans son footer. Le fonctionnement même de la boutique est concerné. La manière dont le consommateur valide sa commande, accepte les CGV, refuse les cookies, exerce son droit de rétractation ou prend connaissance des frais de livraison peut avoir une importance juridique.
Pour aider les commerçants, startups, dropshippers et entreprises qui lancent ou exploitent une boutique en ligne à identifier ces points de vigilance, Mirabile Avocat a consacré un guide complet aux obligations juridiques d’un site e-commerce.
Avant de télécharger le guide, voici les principales règles à connaître pour sécuriser juridiquement un site marchand en France en 2026.
Lorsqu’un consommateur achète sur Internet, il doit pouvoir comprendre précisément avec qui il contracte, ce qu’il achète, à quel prix et dans quelles conditions.
Cela signifie qu’un site e-commerce doit notamment permettre d’identifier clairement le professionnel à l’origine de l’offre. Le client doit également disposer des informations nécessaires sur les produits ou services proposés, sur leurs prix, sur les modalités de paiement, sur les délais de livraison et sur les éventuelles garanties.
Une fois la commande effectuée, d’autres questions apparaissent : le consommateur peut-il se rétracter ? Dans quel délai ? Comment doit-il procéder ? Qui prend en charge le retour du produit ? Dans quel délai doit-il être remboursé ?
À ces obligations liées à la vente s’ajoutent celles relatives aux données personnelles. Une boutique en ligne collecte presque systématiquement des informations concernant ses clients : identité, adresse de livraison, adresse électronique, numéro de téléphone, historique de commande ou encore données liées au comportement de navigation.
La conformité d’un site e-commerce est donc transversale. Elle concerne à la fois les documents juridiques du site, son architecture technique, son processus de commande et ses pratiques commerciales.
C’est précisément pour cette raison qu’une simple page de mentions légales ou des CGV téléchargées sur Internet ne suffisent pas à rendre une boutique conforme.
Les Conditions générales de vente d’un site e-commerce, ou CGV, jouent un rôle central dans la relation entre le professionnel et le consommateur.
Elles déterminent les principales conditions dans lesquelles la vente est réalisée. Elles permettent notamment d’encadrer le paiement, la livraison, les garanties, le droit de rétractation, les éventuels retours et les modalités de règlement des litiges.
Les CGV doivent surtout correspondre au fonctionnement réel de l’entreprise.
C’est un point essentiel, car de nombreux commerçants commettent encore l’erreur de recopier les conditions générales d’un concurrent ou d’utiliser un modèle générique trouvé gratuitement sur Internet.
Prenons l’exemple d’une boutique qui annonce dans ses CGV une livraison sous trois à cinq jours alors que son organisation logistique prévoit réellement des délais pouvant atteindre deux semaines. Le problème ne vient pas seulement de la rédaction du document : il existe un décalage entre l’engagement contractuel affiché et la réalité du service fourni.
La même difficulté peut apparaître concernant les moyens de paiement acceptés, les conditions de remboursement, les frais de retour ou les exceptions au droit de rétractation.
Des CGV correctement rédigées doivent donc être conçues à partir du fonctionnement réel du site, et non l’inverse.
Disposer de CGV n’est que la première étape. Encore faut-il organiser correctement leur présentation au consommateur et leur acceptation.
Le client doit avoir la possibilité de prendre connaissance des conditions contractuelles avant de confirmer définitivement son achat. Le parcours de commande doit également permettre de démontrer que l’acceptation est intervenue dans des conditions suffisamment claires.
Il est donc préférable d’éviter les mécanismes ambigus dans lesquels l’internaute pourrait passer commande sans avoir été réellement confronté aux conditions applicables.
La conception du checkout devient ici une question juridique autant qu’une question d’expérience utilisateur.
La possibilité de consulter les CGV, de revenir sur le panier, de corriger une quantité ou de vérifier le montant total de la commande participe directement à la sécurisation de la vente.
Un tunnel de commande très performant commercialement peut donc être problématique s’il réduit tellement les étapes qu’il ne permet plus au consommateur de comprendre clairement l’engagement qu’il prend.
Les mentions légales d’un site e-commerce remplissent une fonction simple mais fondamentale : permettre d’identifier la personne ou la société qui exploite la boutique.
Lorsqu’un internaute achète un produit sur Internet, il ne se trouve pas physiquement dans un magasin. Il doit donc être en mesure de déterminer facilement qui se trouve derrière le site.
Selon la forme juridique de l’activité, différentes informations doivent être communiquées. Elles concernent notamment l’identité de l’entreprise, sa dénomination, son adresse, ses coordonnées, son immatriculation et, lorsque cela est pertinent, certaines informations fiscales ou professionnelles.
Des informations relatives à l’éditeur et à l’hébergeur du site peuvent également être requises.
Cette transparence possède aussi une dimension commerciale.
Un consommateur qui découvre une marque pour la première fois cherchera souvent à vérifier qu’une véritable entreprise existe derrière la boutique. L’absence de société identifiable, d’adresse ou de coordonnées de contact peut immédiatement créer de la méfiance.
Les mentions légales répondent donc simultanément à une obligation juridique et à un enjeu de confiance.
Elles doivent être facilement accessibles et ne pas être dissimulées au milieu de pages sans rapport avec leur objet.
Un site e-commerce traite une quantité importante de données personnelles.
Avant même la première commande, le site peut déjà collecter certaines informations au moyen d’un formulaire de contact, d’une inscription à une newsletter ou d’outils de mesure d’audience.
Une fois l’achat effectué, les données collectées deviennent généralement plus nombreuses. Le professionnel peut avoir besoin du nom du client, de son adresse de facturation, de son adresse de livraison, de son adresse électronique et de son numéro de téléphone pour exécuter la commande.
Ces traitements doivent être expliqués au consommateur de manière suffisamment claire.
La politique de confidentialité doit notamment permettre de comprendre pourquoi certaines données sont collectées, comment elles sont utilisées, qui peut y avoir accès et pendant combien de temps elles peuvent être conservées.
Mais publier une page intitulée « Politique de confidentialité » ne rend pas automatiquement le site conforme au RGPD.
Ce qui compte est également la cohérence entre ce qui est annoncé et ce qui se produit réellement.
Une boutique peut, par exemple, indiquer que l’adresse e-mail d’un client est utilisée uniquement pour assurer le suivi de sa commande alors que celle-ci est parallèlement intégrée dans plusieurs outils marketing. La conformité devra alors être examinée au regard du fonctionnement réel du site et des bases juridiques utilisées.
Le même raisonnement doit être appliqué aux solutions CRM, aux newsletters, aux outils publicitaires et aux différents prestataires intervenant dans le traitement des données.
La conformité RGPD ne doit donc pas être envisagée comme une page à rédiger une fois pour toutes, mais comme une organisation générale du traitement des données personnelles.
La bannière cookies est devenue tellement courante que de nombreux sites la considèrent désormais comme un simple élément graphique.
C’est une erreur.
Tous les cookies ne répondent pas aux mêmes règles. Certains traceurs nécessaires au fonctionnement technique du site peuvent bénéficier d’un régime particulier, tandis que les cookies utilisés à des fins publicitaires ou pour certains usages de mesure d’audience nécessitent généralement une attention particulière en matière de consentement.
L’internaute doit pouvoir effectuer un véritable choix.
Un site qui affiche un bouton « Tout accepter » très visible, alors que le refus des cookies nécessite plusieurs manipulations supplémentaires, peut créer une difficulté.
De la même manière, considérer que la simple poursuite de la navigation vaut consentement ne correspond pas au principe d’une manifestation active de volonté.
Ce sujet est particulièrement important pour les e-commerçants utilisant de nombreux outils marketing. Une boutique peut fonctionner simultanément avec Google Ads, Meta Ads, TikTok, un outil d’analyse du comportement des utilisateurs, une plateforme d’A/B testing et différentes solutions de tracking.
Dans ce contexte, configurer une bannière cookies ne consiste pas uniquement à installer un plugin.
Il faut également s’assurer que le refus formulé par l’internaute produit réellement les effets attendus sur les différents outils présents sur le site.
La conformité d’un site marchand se joue en grande partie au moment de la commande.
Avant de confirmer définitivement son achat, le consommateur doit pouvoir vérifier le contenu de son panier et le montant qu’il devra payer.
Imaginons qu’un client commande deux produits alors qu’il souhaitait n’en acheter qu’un. Le processus doit lui permettre de constater cette erreur et de la corriger avant la validation définitive.
Le même principe vaut pour le prix.
Les éventuels frais qui peuvent être déterminés doivent être présentés au consommateur suffisamment tôt pour qu’il puisse comprendre le coût réel de la transaction.
Le professionnel doit donc éviter les parcours dans lesquels des frais obligatoires apparaissent uniquement à la toute dernière étape.
Le droit du e-commerce impose ainsi une certaine transparence dans le checkout.
Cela ne signifie pas qu’un tunnel de commande doit devenir complexe. L’objectif consiste au contraire à trouver un équilibre : réduire les frictions sans supprimer les informations nécessaires à un consentement éclairé du consommateur.
Le panier, les frais de livraison, les quantités, les informations relatives à la vente et le bouton de validation final doivent former un ensemble cohérent.
Après le paiement, de nombreuses boutiques envoient automatiquement un message indiquant : « Merci, votre commande a bien été enregistrée ».
Cette confirmation ne doit pourtant pas être considérée comme un simple e-mail de courtoisie.
Elle participe au processus contractuel.
Le consommateur doit pouvoir conserver certaines informations relatives à son achat. La confirmation peut donc reprendre l’identité du vendeur, les produits commandés, le prix payé, les frais de livraison, les conditions d’exécution ou encore certaines informations relatives aux garanties et au droit de rétractation.
La configuration des e-mails transactionnels mérite donc d’être vérifiée.
Les plateformes comme Shopify, WooCommerce, Magento ou PrestaShop proposent généralement des modèles automatiques. Leur présence n’implique pas nécessairement que leur contenu soit parfaitement adapté à chaque activité.
Il peut être nécessaire de modifier les modèles par défaut pour prendre en compte les caractéristiques propres aux produits ou services commercialisés.
Cette vigilance est particulièrement importante lorsqu’une entreprise ajoute progressivement de nouvelles activités à sa boutique.
Un site qui commence par vendre uniquement des produits physiques avant de proposer également des prestations ou des contenus numériques peut devoir revoir une partie de son parcours contractuel.
Le droit de rétractation en e-commerce constitue l’une des principales protections dont dispose le consommateur lorsqu’il achète à distance.
Dans les situations où ce droit s’applique, le consommateur bénéficie en principe de quatorze jours pour revenir sur sa décision.
Pour une vente de biens, le délai est généralement calculé à partir de la réception du produit. La situation peut être différente pour certains services ou contrats particuliers.
L’e-commerçant doit également informer suffisamment clairement son client sur les modalités permettant d’exercer ce droit.
L’erreur fréquente consiste à traiter la rétractation comme une politique commerciale facultative.
Il faut pourtant distinguer deux choses : une entreprise peut décider d’offrir des conditions de retour plus avantageuses que celles prévues par la réglementation, mais elle ne peut pas supprimer un droit légal lorsqu’il est applicable.
Ainsi, une mention générale du type « aucun échange, aucun remboursement » doit être examinée avec beaucoup de prudence dans une boutique destinée aux consommateurs.
Le délai de quatorze jours n’est pas universel.
Certaines catégories de produits ou de services bénéficient d’exceptions légales.
C’est notamment le cas, sous certaines conditions, de produits réalisés selon les spécifications du client. Un article entièrement personnalisé peut logiquement être difficilement revendable à un autre consommateur.
La situation peut également être différente pour les marchandises susceptibles de se détériorer rapidement ou pour certains produits qui ont été descellés et qui ne peuvent ensuite être retournés pour des raisons de santé ou d’hygiène.
Certaines prestations de services peuvent également faire l’objet de règles particulières lorsqu’elles ont été pleinement exécutées dans les conditions prévues par la réglementation.
La nature exacte des produits commercialisés doit donc être examinée avant de rédiger la politique de retour du site.
Depuis le 19 juin 2026, la réglementation applicable aux contrats conclus au moyen d’une interface en ligne a évolué.
Pour les contrats concernés, le professionnel doit mettre gratuitement à disposition du consommateur une fonctionnalité lui permettant d’exercer son droit de rétractation directement en ligne.
Ce changement est particulièrement révélateur de l’évolution du droit du commerce électronique.
Pendant longtemps, une grande partie du travail de conformité consistait à vérifier les textes et documents affichés sur le site.
Désormais, la fonctionnalité elle-même peut être soumise à une obligation légale.
Il ne suffit donc plus de disposer d’un paragraphe correctement rédigé dans les CGV. Le marchand doit également vérifier que son CMS, son espace client ou son organisation technique permet effectivement au consommateur d’exercer son droit dans les conditions attendues.
Les avis constituent un puissant levier de conversion.
Un produit affichant plusieurs centaines d’évaluations positives sera généralement plus rassurant qu’un article sans aucun retour d’expérience.
Cette influence explique précisément pourquoi les avis clients font l’objet de règles particulières.
Le consommateur doit pouvoir comprendre dans quelles conditions les témoignages ont été collectés et publiés.
Un site ne doit surtout pas créer artificiellement l’impression que des dizaines de personnes ont acheté et apprécié un produit si cette expérience n’a jamais existé.
L’achat de faux avis positifs, la création de témoignages fictifs ou la présentation trompeuse d’un commentaire peuvent générer un risque juridique.
La problématique devient également plus subtile lorsqu’une boutique utilise une solution externe de collecte d’avis.
Le commerçant peut être tenté de considérer qu’il n’est plus concerné puisqu’il délègue le système à un prestataire. En réalité, il doit malgré tout vérifier la manière dont les évaluations sont présentées sur son propre site.
Il faut notamment être prudent avec des mentions telles que « avis vérifié » ou « achat vérifié ».
Ces expressions créent une attente forte chez le consommateur : elles supposent qu’un mécanisme réel permet de relier l’avis à une expérience d’achat ou d’utilisation.
Les promotions représentent un point particulièrement sensible pour les boutiques en ligne.
Lorsqu’une réduction de prix est annoncée, le prix antérieur utilisé comme référence correspond en principe au prix le plus bas pratiqué au cours des trente jours précédant la réduction.
Cette règle limite les mécanismes consistant à créer artificiellement une remise.
Prenons un produit habituellement vendu 100 euros.
Quelques jours avant une opération commerciale, le commerçant passe temporairement son prix à 150 euros. Il affiche ensuite pendant le Black Friday : « 150 € au lieu de 100 € : -33 % ».
Visuellement, l’offre paraît spectaculaire.
En réalité, le consommateur paie exactement le prix auquel le produit était précédemment vendu.
C’est précisément ce type de mécanisme que l’encadrement du prix antérieur cherche à empêcher.
Pour les e-commerçants, cette réglementation implique un véritable sujet d’organisation interne.
Il est nécessaire de disposer d’un historique fiable des prix, notamment lorsqu’une boutique réalise régulièrement des promotions.
La difficulté augmente encore lorsque le catalogue est diffusé simultanément sur le site principal, sur des marketplaces, dans Google Shopping et dans différents flux publicitaires.
Une modification de prix décidée par l’équipe marketing peut donc produire des effets juridiques plusieurs semaines plus tard lorsqu’une nouvelle réduction est annoncée.
La stratégie promotionnelle doit être pensée avec l’historique des prix, et non uniquement avec le taux de remise que l’entreprise souhaite afficher.
Dans le langage courant, on parle parfois de soldes dès qu’une réduction importante est proposée.
Juridiquement, la notion est beaucoup plus précise.
Les soldes correspondent à une opération encadrée destinée notamment à permettre l’écoulement accéléré de marchandises en stock.
Elles interviennent pendant des périodes déterminées et sont soumises à plusieurs conditions.
Pour les boutiques en ligne, un point est particulièrement important : le fait que l’entreprise soit établie dans une région différente de celle de son client ne lui permet pas de choisir librement le calendrier qui lui paraît le plus avantageux.
Les ventes à distance sont soumises aux règles prévues pour le commerce électronique.
La qualification de « soldes » ne peut donc pas être utilisée simplement comme un argument marketing.
Un commerçant peut proposer des réductions et organiser des opérations promotionnelles à différents moments de l’année. Il doit néanmoins distinguer clairement une promotion ordinaire d’une véritable période de soldes.
Cette différence doit également être prise en compte dans les campagnes publicitaires, les newsletters, les bannières du site et les annonces diffusées sur les réseaux sociaux.
L’affichage du prix paraît être l’un des éléments les plus évidents d’une boutique en ligne.
Pourtant, de nombreuses difficultés apparaissent lorsque l’on examine l’ensemble du parcours de commande.
Le prix doit être présenté au consommateur de manière suffisamment claire et compréhensible.
L’objectif est qu’il puisse savoir ce que son achat va réellement lui coûter avant de confirmer sa commande.
Des frais obligatoires ne devraient donc pas apparaître de manière inattendue au dernier moment.
Cette problématique concerne évidemment les frais de livraison, mais elle peut également concerner d’autres coûts liés à la transaction.
La présentation des prix devient encore plus importante lorsqu’une réduction est appliquée.
Le nouveau prix, le prix de référence et la manière dont la remise est affichée doivent permettre au consommateur de comprendre la réalité de l’avantage proposé.
Certains produits font par ailleurs l’objet d’obligations supplémentaires concernant le prix à l’unité de mesure.
Pour un e-commerçant, l’affichage des prix doit donc être examiné sur les fiches produits, dans les catégories, dans le panier et dans le checkout.
Une information parfaitement claire sur une fiche produit peut devenir confuse quelques étapes plus tard si des frais supplémentaires apparaissent sans explication.
Le marketing e-commerce repose souvent sur l’urgence, la rareté et la promotion.
Ces techniques ne sont pas interdites en elles-mêmes.
Elles deviennent problématiques lorsqu’elles donnent au consommateur une représentation fausse ou trompeuse de la réalité.
Prenons l’exemple d’un compteur indiquant continuellement qu’une promotion se termine « dans 15 minutes ». Si le compteur recommence systématiquement pour chaque nouveau visiteur et que l’offre n’a en réalité aucune échéance, la présentation peut poser question.
Le même problème peut apparaître avec des indications du type « plus que deux exemplaires disponibles » si le stock réel est bien supérieur.
Une boutique doit également être prudente lorsqu’elle utilise des termes susceptibles d’être compris comme des certifications ou des garanties : « certifié », « écologique », « numéro 1 », « recommandé par les professionnels » ou encore « fabriqué en France ».
Une affirmation commerciale très persuasive doit généralement pouvoir être justifiée.
Les pratiques trompeuses peuvent également résulter d’une omission.
Ne pas afficher un coût obligatoire, masquer une information importante concernant le produit ou créer une ambiguïté sur l’identité du vendeur peut modifier la décision d’achat du consommateur.
La conformité juridique doit donc être intégrée aux réflexions marketing en amont, et non vérifiée uniquement après la mise en ligne d’une campagne.
L’acceptation des CGV par le consommateur ne signifie pas que le professionnel peut y inscrire librement n’importe quelle disposition.
Certaines clauses peuvent être qualifiées d’abusives lorsqu’elles créent un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au détriment du consommateur.
Un commerçant doit donc être particulièrement prudent avec les clauses qui cherchent à supprimer certains droits prévus par la réglementation, à limiter très largement sa responsabilité ou à rendre anormalement difficile l’exercice d’un recours.
Cette question est également importante pour les sites qui utilisent de vieux modèles de CGV.
Un document peut avoir été correctement rédigé lors du lancement de la boutique puis devenir progressivement inadapté.
La réglementation peut évoluer, mais l’activité de l’entreprise peut elle aussi changer.
Une boutique peut commencer à vendre en France puis ouvrir ses ventes à plusieurs pays européens. Elle peut ajouter un système d’abonnement, lancer des produits numériques, modifier son organisation logistique ou commencer à proposer des services.
Dans chacun de ces cas, les conditions contractuelles doivent être réexaminées.
Les CGV ne doivent donc pas être considérées comme un document que l’on rédige une seule fois au lancement du site.
Lorsqu’un litige apparaît entre un professionnel et un consommateur, une solution amiable peut parfois permettre d’éviter une procédure contentieuse.
C’est dans cette logique que s’inscrit la médiation de la consommation.
Le professionnel concerné doit permettre au consommateur d’accéder à un médiateur compétent et communiquer les informations nécessaires dans les supports prévus.
Cette obligation est pourtant régulièrement oubliée lors de la création d’une boutique en ligne.
Un entrepreneur peut avoir pensé aux CGV, aux mentions légales et au bandeau cookies, mais avoir totalement oublié la question de la médiation.
Cet exemple illustre une difficulté plus générale : contrôler chaque page du site indépendamment ne suffit pas toujours pour détecter l’ensemble des risques juridiques.
La conformité doit être examinée à l’échelle du parcours client.
La méthode la plus efficace consiste à se placer dans la situation d’un consommateur qui découvre la boutique pour la première fois.
Commencez par la fiche produit. Le client comprend-il clairement ce qui lui est vendu ? Le prix est-il suffisamment identifiable ? Les caractéristiques essentielles du produit sont-elles accessibles ?
Ajoutez ensuite le produit au panier. Les quantités sont-elles modifiables ? Le montant total est-il compréhensible ? Les éventuels frais apparaissent-ils suffisamment tôt ?
Poursuivez jusqu’au checkout. Les conditions contractuelles sont-elles accessibles ? Le consommateur peut-il revenir en arrière et corriger une erreur ? Comprend-il clairement qu’en cliquant sur le dernier bouton il s’engage à payer ?
Une fois la commande validée, examinez la confirmation reçue. Contient-elle suffisamment d’informations pour permettre au client de conserver la trace de son achat et de connaître ses droits ?
Il faut ensuite effectuer le même travail sur les autres dimensions de la boutique.
Refusez les cookies et vérifiez ce qui se passe réellement. Testez une inscription à la newsletter. Essayez d’exercer le droit de rétractation. Consultez les avis. Analysez la présentation d’une promotion. Vérifiez la cohérence entre les CGV et les pratiques réelles de livraison ou de retour.
Cette approche permet de comprendre que la conformité d’un site e-commerce se situe autant dans ses textes juridiques que dans son fonctionnement concret.
De nombreuses erreurs deviennent plus difficiles à corriger lorsque la boutique est déjà en activité.
Modifier des CGV est relativement simple sur le plan technique. Repenser entièrement un processus de rétractation, un système de collecte du consentement ou le fonctionnement d’un checkout peut demander beaucoup plus de travail.
Il est donc préférable d’intégrer les contraintes juridiques dès la conception du site.
Cette approche présente également un avantage commercial.
Une boutique claire sur ses prix, ses délais de livraison, ses retours et l’identité de l’entreprise réduit naturellement certaines inquiétudes du consommateur.
La conformité juridique et l’optimisation de la conversion ne sont donc pas nécessairement opposées.
Dans de nombreux cas, elles poursuivent le même objectif : permettre au client de comprendre précisément ce qu’il achète et de lui donner suffisamment confiance pour finaliser sa commande.
Les obligations juridiques d’un site e-commerce ne constituent pas une couche administrative que l’on peut ajouter quelques heures avant l’ouverture de la boutique.
Elles font partie intégrante du parcours de vente.
Un site peut disposer d’un excellent design, bénéficier d’un référencement performant et générer de nombreuses commandes tout en présentant des risques importants : CGV obsolètes, mentions incomplètes, cookies mal paramétrés, processus de rétractation insuffisant, avis clients mal présentés ou promotions fondées sur un prix de référence incorrect.
La réglementation évolue également régulièrement. La modification des règles relatives à l’exercice de la rétractation en ligne en 2026 constitue un bon exemple : une boutique considérée comme correctement organisée quelques années auparavant peut nécessiter de nouvelles adaptations techniques.
Il est donc nécessaire de vérifier régulièrement la cohérence entre les textes du site, ses fonctionnalités et ses pratiques commerciales.
Pour faciliter ce travail, Mirabile Avocat a réuni dans un guide dédié les principales obligations à connaître avant d’ouvrir ou d’exploiter un site e-commerce, notamment en matière de CGV, de rétractation, d’avis clients, de réductions de prix, de soldes et de pratiques commerciales.
Vous préparez l’ouverture d’une boutique en ligne, vous développez une activité de vente sur Internet ou vous souhaitez vérifier les principaux points de conformité d’un site existant ?
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Le cabinet Mirabile Avocat accompagne également les professionnels dans le lancement juridique de leur activité e-commerce, la vérification de leurs documents et mentions en ligne ainsi que dans leurs démarches devant les autorités compétentes.
Pour aller plus loin
Pour un site marchand B2C, il faut notamment examiner les mentions légales, les CGV, les informations relatives aux données personnelles et aux cookies, le droit de rétractation et les informations concernant le médiateur de la consommation. D’autres obligations peuvent s’ajouter selon les produits vendus, les services proposés ou le secteur d’activité.
Dans une relation avec un consommateur, les informations contractuelles composant les CGV doivent être communiquées avant la conclusion de la vente. Les règles sont différentes lorsque la clientèle est exclusivement professionnelle.
14 jours à compter de la réception du bien ou de la conclusion du contrat de service. Si le consommateur n'a pas été informé de ce droit, le délai est prolongé de 12 mois supplémentaires.
Non. Lorsqu’une annonce constitue une réduction de prix, le professionnel doit en principe utiliser comme prix antérieur le prix le plus bas pratiqué au cours des trente jours précédant l’offre.
Les traceurs non strictement nécessaires soumis au consentement ne peuvent pas être déposés simplement parce que l’utilisateur poursuit sa navigation. Le refus doit par ailleurs être aussi simple que l’acceptation.
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