IA

Qui est titulaire des droits sur une œuvre générée par une intelligence artificielle (IA) ?

Avec les progrès de l'IA, la titularité des droits sur une œuvre générée par une intelligence artificielle (IA) devient floue.

Sommaire
Organiser un échange

Temps de lecture :

4 min

Avec les progrès de l'IA, la titularité des droits sur une œuvre générée par une intelligence artificielle (IA) devient floue.

L’essor de l’intelligence artificielle générative révolutionne la création de contenus, qu’il s’agisse de textes, d’images, de vidéos ou encore d’œuvres musicales et de logiciels. Grâce à des modèles avancés tels que GPT, DALL·E ou Stable Diffusion, l’IA peut produire des œuvres en quelques secondes, brouillant ainsi les frontières entre création humaine et automatisation.

Ce sujet est crucial car les législations actuelles ne sont pas harmonisées, engendrant des incertitudes juridiques. Les tribunaux commencent à statuer sur la reconnaissance des droits d’auteur d’une IA, avec des décisions parfois contradictoires. Les entreprises et créateurs doivent adapter leurs stratégies pour protéger leurs droits et se conformer aux réglementations en vigueur.

Par exemple, en 2023, l’Office américain du droit d’auteur a refusé d’accorder une protection à une image générée par une IA, expliquant que seule une œuvre créée par un humain pouvait être protégée. Cette position est cependant contestée dans plusieurs pays.

L’intelligence artificielle générative repose sur des modèles d’apprentissage automatique capables de produire du contenu original à partir d’un ensemble de données existant. Cette technologie est utilisée dans divers domaines : rédaction automatisée, création artistique et musicale, développement logiciel. Ces avancées remettent en cause les principes classiques de titularité des droits en propriété intellectuelle.

Pour être accompagné par un avocat en droit de l'intelligence artificielle

L’absence de personnalité juridique de l’IA : un obstacle à la reconnaissance des droits

En droit de la propriété intellectuelle, une création est protégée par le droit d’auteur à condition qu’elle soit originale et qu’elle résulte d’un effort intellectuel humain. Or, l’IA générative ne possède pas de personnalité juridique, ce qui empêche, en l’état actuel du droit, de lui reconnaître une qualité d’auteur.

Les positions varient selon les juridictions. L’Union européenne et les États-Unis considèrent que le droit d’auteur ne protège que les créations humaines. Le Royaume-Uni, en revanche, reconnaît que les œuvres générées par IA sont créées sous la supervision d’un humain.

Echangeons sur votre besoin pendant 15 min !

Enjeux juridiques et économiques pour les créateurs et entreprises

Le développement de l’IA générative soulève deux préoccupations majeures :

  • Les créateurs humains craignent que leurs œuvres soient utilisées pour entraîner des IA sans compensation ni reconnaissance.
  • Les entreprises doivent s’assurer que les contenus générés par IA ne violent pas des droits préexistants, sous peine de poursuites.

Premières décisions judiciaires et positions des offices de propriété intellectuelle

Avec la multiplication des litiges, plusieurs décisions judiciaires ont précisé l’application du droit d’auteur aux créations générées par IA.

  • En 2023, le Copyright Office américain a rejeté une demande de protection pour une œuvre entièrement générée par IA, tout en acceptant de protéger des créations impliquant une intervention humaine significative.
  • Au Japon (2024), une décision a estimé qu’une œuvre générée par IA peut être protégée si un humain a dirigé et sélectionné le résultat final.
  • Dans l’Union européenne, l'AI Act prévoit des obligations de transparence pour les IA génératives, sans trancher la question du droit d’auteur.

Propriété des œuvres générées par l’IA : qui détient les droits ?

Seul un être humain peut être considéré comme auteur d’une œuvre selon le cadre juridique actuel. Une création purement issue d’un modèle d’IA n’est pas éligible à la protection du droit d’auteur. En revanche, lorsqu’un humain utilise l’IA comme un outil et oriente la création, il peut revendiquer cette protection.

Par exemple, un photographe utilisant une IA pour retoucher une image conserve son droit d’auteur si son intervention reste déterminante.

Par conséquent, les entreprises et créateurs doivent s’adapter à ce cadre juridique incertain. Une intervention humaine forte augmente les chances d’obtenir une protection. Il est aussi conseillé de formaliser contractuellement la répartition des droits et d’anticiper les litiges, car un même contenu généré par IA peut être utilisé par plusieurs personnes, rendant l’application des droits exclusifs plus complexe.

Je veux des documents juridiques fiables !

L’entraînement des modèles d’IA et le respect des droits d’auteur

Les modèles d’IA générative s’appuient sur de vastes ensembles de données, qui peuvent inclure des œuvres protégées par le droit d’auteur. L’utilisation de ces contenus doit respecter les exceptions légales, comme la fouille de textes et de données (text and data mining). Cependant, les titulaires de droits disposent d’un droit d’opposition (opt-out) pour empêcher l’exploitation de leurs œuvres.

Mesures d’atténuation et garanties contractuelles

Les entreprises utilisant des outils d’IA générative doivent garantir :

  • Une transparence accrue sur l’utilisation des données.
  • Des clauses contractuelles précises pour encadrer la responsabilité en cas de violation du droit d’auteur.
  • Un contrôle renforcé sur les contenus protégés exploités par les modèles d’IA.

L’essor de l’IA générative pose des défis juridiques majeurs en matière de droit d’auteur. Si les législations actuelles privilégient les créateurs humains, les débats restent ouverts quant à l’évolution nécessaire du cadre légal. L’adaptation des régulations, la clarification des responsabilités et l’encadrement des pratiques contractuelles seront essentiels pour concilier innovation et protection des droits. À mesure que l’IA générative progresse, un équilibre entre création et respect du droit d’auteur devient impératif.

Pour aller plus loin

Une œuvre générée par une IA est-elle protégée par le droit d'auteur ?

En l'état du droit, une œuvre purement générée par une IA n'est généralement pas protégeable, car le droit d'auteur exige une création originale résultant d'un effort intellectuel humain. L'IA n'ayant pas de personnalité juridique, elle ne peut être reconnue comme auteur. Les positions varient toutefois selon les pays.

Pourquoi l'IA ne peut-elle pas être titulaire de droits d'auteur ?

Parce qu'une création n'est protégée que si elle est originale et résulte d'un effort intellectuel humain. Or l'IA générative ne possède pas de personnalité juridique, ce qui empêche, en l'état actuel du droit, de lui reconnaître la qualité d'auteur. Sans auteur humain identifiable, la protection par le droit d'auteur fait défaut.

Quelles sont les positions des différents pays sur l'IA et le droit d'auteur ?

L'Union européenne et les États-Unis considèrent que le droit d'auteur ne protège que les créations humaines. Le Royaume-Uni reconnaît certaines œuvres générées par IA réalisées sous supervision humaine. Le Japon a admis une protection lorsqu'un humain a dirigé et sélectionné le résultat. Les approches restent donc divergentes et évolutives.

L'intervention humaine permet-elle de protéger une œuvre assistée par IA ?

Souvent, oui. Plusieurs offices, dont le Copyright Office américain, refusent de protéger une œuvre entièrement générée par IA mais acceptent de protéger les créations impliquant une intervention humaine significative. La part de choix, de direction et de sélection humaine dans le résultat final devient un critère déterminant de la protection.

Quels risques pour une entreprise utilisant des contenus générés par IA ?

Une entreprise doit s'assurer que les contenus générés par IA ne violent pas des droits préexistants, sous peine de poursuites en contrefaçon. Elle doit aussi mesurer que ces contenus ne sont pas toujours protégeables, ce qui limite leur appropriation. La sécurisation juridique de l'usage de l'IA générative est donc essentielle.

Les créateurs sont-ils protégés contre l'entraînement des IA sur leurs œuvres ?

C'est un sujet majeur et débattu. De nombreux créateurs craignent que leurs œuvres soient utilisées pour entraîner des IA sans compensation ni reconnaissance. Le cadre juridique évolue, notamment autour des exceptions de fouille de données et des obligations de transparence de l'IA Act, mais la protection reste incomplète et contestée.

Que prévoit l'IA Act sur les œuvres générées par IA ?

L'IA Act prévoit des obligations de transparence pour les IA génératives, notamment l'information sur le caractère artificiel des contenus. En revanche, il ne tranche pas la question du droit d'auteur sur les œuvres générées par IA, qui reste régie par le droit de la propriété intellectuelle et la jurisprudence en construction.

Comment sécuriser l'usage de l'IA générative dans son entreprise ?

Il faut identifier les usages, vérifier que les contenus générés ne portent pas atteinte à des droits existants, encadrer contractuellement les droits sur les productions, et documenter l'intervention humaine lorsqu'on cherche une protection. Un accompagnement juridique permet d'anticiper les risques de contrefaçon et l'incertitude sur la titularité des droits. La titularité et les décisions rendues à ce jour sont traitées dans IA générative et droit d'auteur.

Vous avez encore des questions ?

Notre équipe est à disposition !

Une question ?

Vos informations restent strictement confidentielles.
Merci ! Nous revenons vers vous rapidement. Si vous souhaitez accélérer les choses, organisez un temps avec moi directement ici :
Organiser 15 minutes d'échange
Oops! Something went wrong while submitting the form.
Homme en costume bleu foncé avec cravate et pochette blanche, bras croisés, regardant vers l'avant.

Ressources

Aller plus loin

00
article(s) affiché(s) sur
00
Privacy by design dans le cycle de développement : interface SaaS et protection des données dès la conception

Avocat audit RGPD

19 min

Privacy by design : intégrer le RGPD dans le cycle de développement
Backlog, definition of done, revue de code, environnements de test : comment l'article 25 du RGPD se traduit en décisions techniques. Ce que la CNIL sanctionne réellement dans la conception d'un produit, et les trois chantiers par lesquels commencer.

3 min

Secteur du numérique cible de la DGCCRF en 2023
En 2023, plus que jamais, le secteur numérique est au cœur des préoccupations de la DGCCRF.

7 min

Ciblage publicitaire et abus de position dominante : quel impact de l'amende record infligée à Apple ?
L'actualité juridique récente a été marquée par une décision majeure de l'Autorité de la concurrence, sanctionnant Apple d'une amende record de 150 millions d'euros pour abus de position dominante dans le secteur de la distribution d'applications mobiles. Ce jugement, émis le 28 mars 2025, soulève d

10 min

Data et big data : les nouvelles obligations juridiques pour les entreprises et le rôle essentiel d'un avocat CNIL
La révolution du big data s'accompagne de nouvelles obligations juridiques, notamment lorsque des données personnelles sont traitées.

8 min

Contrat de maintenance de site internet : les erreurs coûteuses à éviter
La signature d'un contrat de maintenance de site web est indispensable. Cependant, de nombreuses entreprises commettent des erreurs.

Avocat violation de données et gestion de crise cyber

7 min

Cybersécurité : comment protéger votre entreprise après une attaque
Quelles sont les obligations d'une entreprise en matière de cybersécurité et comment gérer les conséquences juridiques d'une attaque ?
Prendre rendez-vous
📞 📆 15 Min RDV