RGPD
Éditeurs SaaS santé, hébergeurs, startups e-santé : la certification HDS s'impose dès que vous hébergez des données de santé pour des tiers. Champ d'application, référentiel v2, parcours de certification et risques en cas d'absence.
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Vous éditez une solution SaaS pour les professionnels de santé, une application de suivi patient, une plateforme de téléconsultation ? La question arrive toujours, souvent posée par un prospect ou un acheteur hospitalier : êtes-vous certifié HDS ? Derrière ce sigle se cache une obligation légale française parmi les plus structurantes du numérique en santé. Voici qui est concerné, ce que la certification exige, et comment s'organiser si vous ne l'avez pas.
HDS signifie Hébergeur de Données de Santé. Le principe est posé par l'article L1111-8 du Code de la santé publique : toute personne qui héberge des données de santé à caractère personnel recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi social et médico-social, pour le compte d'un tiers, doit être titulaire d'un certificat de conformité.
Le dispositif a remplacé l'ancien agrément ministériel en 2018. La certification est délivrée par des organismes certificateurs accrédités par le COFRAC, sur la base d'un référentiel publié par l'Agence du Numérique en Santé (ANS). Elle s'appuie sur la norme ISO 27001, complétée d'exigences propres aux données de santé.
Deux éléments déclenchent l'obligation, et les deux doivent être réunis :
À l'inverse, le professionnel ou l'établissement qui conserve ses propres dossiers patients sur ses propres serveurs n'a pas besoin de la certification. C'est l'externalisation qui déclenche l'obligation, chez celui qui héberge.
Le champ est bien plus large que les hébergeurs d'infrastructure classiques :
Une zone grise fréquente : les données de bien-être. Un tracker de sommeil grand public ne relève pas en principe de l'hébergement HDS, car les données ne sont pas produites dans un cadre de soins. Mais dès qu'un professionnel de santé entre dans la boucle, ou que les données servent à un suivi médical, la qualification bascule. La frontière se juge au cas par cas et mérite une analyse écrite : c'est elle que vous opposerez en cas de contrôle ou de question d'un client.
Le référentiel découpe l'hébergement en six activités, et le certificat précise lesquelles sont couvertes :
Les activités 1 et 2 correspondent au certificat dit hébergeur d'infrastructure physique, les activités 3 à 6 au certificat hébergeur infogéreur. Ce découpage a une conséquence pratique majeure : s'appuyer sur un cloud certifié HDS ne vous dispense pas de votre propre certification. Si votre plateforme SaaS tourne sur un IaaS certifié pour les activités 1 à 3, mais que vous opérez vous-même la plateforme applicative et son administration (activités 4 et 5), c'est à vous d'être certifié pour ces activités. C'est l'erreur la plus répandue chez les éditeurs, et le premier point que vérifient les acheteurs hospitaliers avertis.
Un référentiel révisé a été adopté en 2023 et s'applique aux certifications délivrées depuis fin 2024, les certificats émis sous l'ancienne version restant valables jusqu'à leur échéance. Les évolutions principales :
Pour les éditeurs qui s'appuient sur des clouds américains, l'exigence de transparence sur l'exposition aux lois extraterritoriales est le point sensible : elle ne l'interdit pas en soi, mais elle oblige à documenter la situation et à l'assumer contractuellement face aux clients. Certains acheteurs publics en font désormais un critère éliminatoire, indépendamment du droit.
Le parcours type se déroule en cinq étapes :
Côté budget et délais, comptez généralement entre six et douze mois entre le lancement et l'obtention, selon votre maturité sécurité de départ. Le coût combine l'accompagnement, les éventuels chantiers techniques et les frais d'audit. Pour une startup, c'est un investissement sérieux, mais c'est aussi un actif commercial : la certification est devenue un prérequis dans la plupart des appels d'offres du secteur.
Héberger des données de santé pour le compte de tiers sans certificat expose sur plusieurs fronts :
Selon votre situation, trois stratégies s'offrent à vous :
Les acheteurs mélangent souvent les référentiels, et les éditeurs entretiennent parfois le flou. Remettons chaque brique à sa place :
En clair : un éditeur SaaS santé sérieux répond aux quatre étages. La certification HDS pour l'obligation légale d'hébergement, ISO 27001 comme socle méthodologique, le RGPD pour le traitement, et SecNumCloud comme option différenciante selon les marchés visés.
On l'oublie souvent : la réglementation impose un contrat entre l'hébergeur et son client, avec un contenu minimal. Le contrat de prestation d'hébergement de données de santé doit notamment décrire le périmètre du certificat et les prestations couvertes, les lieux d'hébergement, les mesures mises en œuvre pour garantir la sécurité, la disponibilité, l'intégrité et la confidentialité des données, les modalités d'accès des personnes concernées, l'information du client en cas d'incident, et surtout les conditions de restitution des données en fin de contrat, sans possibilité pour l'hébergeur de les conserver ou de les exploiter pour son propre compte.
Pour un éditeur, cela signifie que la trame contractuelle est un livrable de la certification au même titre que la documentation sécurité : les auditeurs la vérifient, et un contrat client non conforme constitue un écart. Pour un client, c'est une grille de lecture : si votre prestataire vous propose un contrat muet sur ces points, vous tenez un signal d'alerte fiable sur sa maturité.
Que vous soyez établissement, professionnel de santé ou éditeur qui choisit son socle d'infrastructure, sept questions suffisent à faire le tri :
Un prestataire solide répond aux sept par écrit, sans détour. Les réponses évasives sur le périmètre du certificat (question 1) et sur la chaîne de sous-traitance (question 7) sont les deux signaux d'alerte les plus fréquents que nous rencontrons en audit.
Au-delà de l'obligation légale, la certification est devenue une condition d'accès au marché. Les centrales d'achat hospitalières, les GHT et les programmes de référencement nationaux l'exigent en amont, pièces justificatives à l'appui. Une startup e-santé qui vise l'hôpital public sans certification ni trajectoire crédible s'exclut d'elle-même de la consultation. À l'inverse, une certification bien périmétrée, annoncée dans la réponse avec le détail des activités couvertes, crédibilise immédiatement le dossier. Notre conseil aux éditeurs en croissance : traitez le HDS comme un projet produit à part entière, budgété et daté, et contractualisez la trajectoire avec vos premiers clients grands comptes plutôt que de la subir en urgence lors d'un appel d'offres.
Le cadre ne va pas se simplifier. Le règlement sur l'espace européen des données de santé (EHDS) organise le partage des données de santé à l'échelle de l'Union, pour les soins comme pour la recherche, avec des obligations nouvelles pour les fabricants de systèmes de dossiers médicaux électroniques et les détenteurs de données. Pour les hébergeurs et éditeurs, cela signifie des exigences supplémentaires d'interopérabilité, de journalisation et de mise à disposition des données, qui viendront se superposer au socle HDS et RGPD. Une architecture pensée aujourd'hui pour la conformité HDS doit déjà intégrer cette trajectoire : formats structurés, traçabilité des accès, capacité d'export. Nous détaillons les obligations de l'EHDS dans un article dédié.
La certification HDS s'impose à quiconque héberge des données de santé issues du parcours de soins pour le compte de tiers, éditeurs SaaS compris. Le certificat se lit activité par activité : s'adosser à un cloud certifié ne couvre pas la plateforme et l'exploitation que vous opérez vous-même. Le référentiel v2 ajoute des exigences de localisation dans l'EEE et de transparence sur les lois extraterritoriales. Sans certification, l'exposition est à la fois pénale, RGPD, contractuelle et commerciale.
Le cabinet Mirabile Avocat accompagne les éditeurs et hébergeurs du secteur santé : qualification de votre situation au regard de l'article L1111-8, structuration du périmètre de certification, mise en conformité des contrats clients et de la chaîne de sous-traitance. Faites le test ci-dessous pour situer votre exposition, puis parlons stratégie.
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Oui dès lors que l'éditeur héberge des données de santé issues d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi médico-social pour le compte de ses clients (article L1111-8 du Code de la santé publique). C'est le cas de la plupart des solutions SaaS opérées par l'éditeur : dossier patient, téléconsultation, coordination de soins.
Non. Le certificat se lit activité par activité. Si votre infrastructure est portée par un cloud certifié mais que vous opérez vous-même la plateforme applicative, son administration ou la sauvegarde, ces activités doivent être couvertes par votre propre certification. C'est l'erreur la plus fréquente chez les éditeurs.
Comptez généralement entre six et douze mois entre le cadrage et la délivrance, selon votre maturité sécurité initiale. Une base ISO 27001 existante raccourcit nettement le parcours. Le certificat est valable trois ans, avec des audits de surveillance annuels.
L'exposition est multiple : sanctions pénales prévues par le Code de la santé publique, manquement à l'obligation de sécurité du RGPD sur des données sensibles avec des amendes pouvant atteindre 4 % du chiffre d'affaires mondial, résiliation des contrats clients, exclusion des appels d'offres et blocage en due diligence lors des levées de fonds.
En principe non : les données de bien-être produites hors de tout parcours de soins ne déclenchent pas l'obligation. Mais la qualification bascule dès qu'un professionnel de santé entre dans la boucle ou que les données servent à un suivi médical. La frontière doit être analysée et documentée par écrit.
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